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des Comores

Msaidie sur l'affaire Semlex /Des révélations susceptibles de jeter de l'huile sur le feu

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Msaidie sur l'affaire Semlex /Des révélations susceptibles de jeter de l'huile sur le feu © : HZK-LGDC

Les révélations faites par l'ancien ministre Houmed Msaidie sur l'affaire Semlex risquent de jeter de l'huile sur le feu. Selon cet ancien ministre de l'intérieur, des fils de certains hommes influents de la place auraient bénéficié des bourses pour plusieurs années d'études à l'extérieur. M. Msaidie demande l'ouverture d'une enquête pour voir clair dans cette affaire.


Avec les nouvelles révélations faites par l'ancien ministre de l'intérieur, l'affaire Semlex risque de connaître des rebondissements aux Comores où les autorités ont confié à cette société belge la responsabilité de la production du document de voyage comorien. Dans une conférence de presse tenue hier mercredi au siège du parti Radhi dont il est le sectaire général, il révèle des dessous de tables impliquant des hommes influents du pays et cette société.

« Je ne parle pas du fait que Semlex paie le loyer de notre ambassade à Bruxelles, ni l’hôtel qu'elle avait prévu de construire à Moili qui finalement ne sortira jamais de terre. Mais que dire le fait que cette même société a payé les frais universitaires des proches de certains hommes influents du pays », a-t-il lâché. 

« Quand on délivre des passeports en dehors des règles conclues cela veut dire qu'il y a une opération que je qualifierai de mafieuse. Sauf si c'est faux », a-t-il fait savoir. Pour lui, les accusations portées par l’agence de presse Reuters contre Semlex, devaient conduire les autorités comoriennes à demander à revoir tout, surtout, le système de production et d’obtention des passeports comoriens pour être, dit-il, conforme aux exigences sécuritaires du monde tel qu'il est aujourd'hui.

« Le monde vit aujourd'hui sous la menace du terrorisme. Chacun soupçonne l'autre. On a vu ce qu’il s'est passé avec la compagnie Emirates qui interdit aux femmes tunisiennes de voyager parce qu'elle croyait que la possibilité d'un attentat pourrait exister par l’intermédiaire de ces femmes- là », fait-il savoir. Et de continuer : « ces questions-là méritent qu’effectivement le gouvernement apporte des réponses. Je suis convaincu qu'il va en apporter parce qu'il y a beaucoup de réponses par rapport à tout cela ».

L'ancien premier flic du pays indique qu'il y a urgence à réagir sur ce point car la suspicion s'est aggravée. « Parce qu'il y a déjà l'affaire de la citoyenneté économique, plus les accusations portées contre Semlex, ça fait trop. Nous disons qu'il est temps que les autorités, je suis sûr qu'elles en sont conscientes, mais qu'elles s’arrêtent et examinent cette question de passeports pour que les comoriens puissent voyager dans la sérénité », fait-il observer.

M. Msaidie laisse entendre que rompre le contrat ne serait pas aussi simple qu'on l'imagine. Et que la mise en place d'une société mixte et une délocalisation vers Moroni de toute la chaîne de production serait une meilleure solution. Ce qu'il avait envisagé de faire dit-il, quand il était à la tête du ministère de l'intérieur. « A mon avis, c'est inconcevable qu'on continue à produire des passeports où la signature du directeur général de la sûreté du territoire a été scannée. C'est vraiment contraire à toutes règles sécuritaires », a-t-il martelé.

Le secrétaire général du parti Radhi regrette que malgré ces révélations, la société continue à produire et faire comme si de rien n'était. A l'en croire 5050,000 passeports ont était émis uniquement cette année, ce qui équivaut à 30% de la population comorien. « Un ampleur pour une population de 700,000 habitants. On a l'impression qu'on est plutôt dans la boulangerie Nassib », ironise-t-il dit, sommant la société Semlex de sortir de son silence sur toutes ces affaires.

 

Maoulida Mbaé                              


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