A peine investi président de l’Assemblée nationale, la première décision de Moustadroine Abdou est de suspendre les 173 agents contractuels de l’institution. Une décision décriée par l’opinion si bien qu’elle est comparée à celle d’Azali qui, en 2016, aussitôt arrivé au pouvoir, a licencié plusieurs centaines de contractuels dans les différents départements ministériels. Devant la presse, le président de l’Assemblée explique que sa décision n’a « rien de méchant » puisque, selon lui, il est question de « mettre de l’ordre » au sein de l’institution. Parallèlement, il s’engage à payer les 13 mois d’arriérés de salaires qu’accusent les concernés.
Question : Vous venez de renvoyer plusieurs agents de l’Assemblée. Combien sont-ils et quelles en sont les raisons ?
Moustadroine Abdou : Cela fait quelques jours que j’ai pris mes fonctions en tant que président de l’Assemblée de l’Union des Comores. Et j’ai constaté que près de 173 agents sont des contractuels et 114 autres sont des agents fonctionnaires de l’institution. Et à ma grande surprise, j’ai constaté que ces contractuels ont jusqu’à treize (13) mois de salaires impayés et pourtant ils ont des familles à nourrir et d’autres charges. Donc ils ne devaient pas travailler sans être payés. Le budget alloué à l’institution n’est pas suffisant pour tous les payer. J’ai donc jugé nécessaire de les suspendre, évaluer le budget qui nous sera alloué et reprendre certains ou tous selon les besoins de l’institution. Cette procédure est une façon pour nous de réfléchir sur les bonnes pratiques à mettre en place car un grand nombre de ces contractuels ne vient même pas travailler alors que nous devons instaurer de la discipline. On peut me critiquer ou critiquer la décision mais j’estime qu’on devait le faire pour sauver tous ces jeunes avec qui on travaille.
Question : Vous dites avoir suspendu 173 agents contractuels. Ensemble, ils représentent combien en termes de salaire ?
M.A : Vous savez que notre législature vient d’être installée il y a à peine une semaine. Donc, je n’ai pas toutes les données qui nous permettraient d’être clair sur ce sujet notamment sur les chiffres mais la masse salariale pour tous les contractuels est d’environ 22 millions par mois. Petit à petit, nous allons réguler les activités de l’institution et réaménager ce qui est à réaménager afin de mettre de l’ordre.
Question : Que comptez-vous faire de ces 13 mois d’arriérés de salaire ?
M.A : La nouvelle législation va faire en sorte de payer tous les droits et cela à partir de ce mois d’avril. Il ne doit pas y avoir d’inquiétude là-dessus. C’est leur droit et avec le temps, on espère régler la totalité des arriérés.
Question : On reprochait à l’ancienne équipe de gérer les affaires de l’institution en vase clos. Est-ce que vous allez jouer la carte de la transparence dans tous les dossiers ?
M.A : Il ne faut jamais danser plus vite que la musique. Encore une fois, je précise que nous venons à peine d’être investis et chaque chose en son temps. Attendez que nous entamions le travail avant d’apporter des jugements et nous comparer à l’équipe sortante.
Propos recueillis par A.O Yazid
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