La Gazette

des Comores

Mouigni Baraka en appelle à la communauté internationale

Mouigni Baraka en appelle à la communauté internationale © : HZK-LGDC

A l’approche du 26 mai 2021, date à laquelle devait arriver à terme le premier mandat d’Azali Assoumani entamé le 26 mai 2016, mais remis en jeu en 2019 à la faveur d’un referendum constitutionnel controversé une année plus tôt, le président du Conseil national de transition Mouigni Baraka Said Soilihi multiplie les offensives médiatiques.


C’est un discours fleuve et fourre-tout dans lequel s’est lancé le président du Conseil national de transition à l’occasion de l’eid el-ftr, la fête marquant la fin du ramadan. Mouigni Baraka abordé plusieurs sujets comme l’affaire Faïna, cette fillette de 5 ans violée avant puis assassiné à Memboidjuu au nord Ngazidja, et dont le corps a été retrouvé caché dans les bois. Pour l’opposant au régime, cette affaire « est la parfaite illustration d’une nation en mal-être, en perte de ses valeurs morales qui furent jadis le ciment du bien-être social et de la paix intérieure ». « L’une des causes, c’est sans doute l’abandon de l’éducation publique et de la jeunesse, et pire, la banalisation des assassinats au plus haut sommet de l’État depuis la prise du pouvoir par la force du colonel Azali Assoumani », souligne-t-il, estimant que cette banalisation de certaines affaires « pousse les gens à ne plus avoir la foi en la justice ».

 

Quant à Bapalé, ce major de l’Armée comorienne tué* alors qu’il se faisait interroger au camp militaire de Sangani pour une tentative de déstabilisation. Mouigni Baraka regrette qu’il eut fallu un mois après plusieurs versions contradictoires des autorités sur les circonstances de la mort du militaire à la retraite pour que le commissaire du gouvernement près de la Cour de sureté de l’État avoue enfin qu’il s’agit d’un meurtre. « Et cela se fait curieusement au moment où l’opinion est préoccupée par le viol et l’assassinat de la fillette Faïna », poursuit l’ancien gouverneur de Ngazidja.

 

Cet ancien gouverneur dit « observer avec intérêt les difficultés quotidiennes qui gangrènent le pays » en passant par la jeunesse estudiantine « abandonnée, des jeunes sans emploi, de faute des structures sanitaires adéquat dans le pays, de fonctionnaires traumatisés et sans perspectives d’avenir, de ces importateurs et exportateurs surtaxés excessivement à la douane, des journalistes intimidés, de ces opposants exilés de ces consommateurs invités à payer le prix cher d’une politique fiscale aberrante... » Selon lui, « telles sont les réalités et les résultats d’un régime dont la préoccupation est d’assurer sa survie au lieu de s’occuper de celle de ses concitoyens ».

 

A l’approche du 26 mai 2021, date à partir de laquelle l’opposition veut voir à la tête du pays un président issu de l’île d’Anjouan, le président du CNT dit demander « solennellement et expressément toute l’attention de l’Union Africaine en cette période de fin mandat du Colonel Azali Assoumani ». « J’invite le Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine à se saisir du dossier comorien afin de créer les conditions d’un retour à la paix et à l’ordre constitutionnel de l’Union des Comores. Car en ma qualité d’ancien gouverneur de l’île de Ngazidja, je mesure avec gravité les conséquences socioéconomiques si par malheur le colonel Azali Assoumani essayait de se maintenir au pouvoir par la force au-delà du 26 mai prochain malgré la désapprobation du peuple comorien ».

 

Difficile de convaincre la communauté internationale quand on sait que l’opposition dans son ensemble a pris part à la présidentielle de 2019, organisée à la faveur du referendum du 30 juillet 2018, et à l’issue de laquelle Azali Assoumani est déclaré élu par la Cour suprême pour un mandat de 5 ans.

 

Andjouza Abouheir

 


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