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des Comores

Mohéli hausse le ton L’opposition appelle à la désobéissance civile

Mohéli hausse le ton  L’opposition appelle à la désobéissance civile © : HZK-LGDC

L’Opposition Unie de Mohéli (OUM) affirme ne plus reconnaître Azali Assoumani comme président légitime depuis le 26 mai 2026. Réunis à Fomboni, plusieurs leaders politiques et des centaines de militants dénoncent une « confiscation » de la tournante présidentielle et appellent à une mobilisation citoyenne pour défendre les accords de réconciliation nationale de 2001.


Le climat politique se durcit à Mohéli. Lundi 25 mai, des centaines de militants de l’opposition, accompagnés de plusieurs figures politiques de l’île, se sont réunis à Fomboni pour dénoncer le maintien au pouvoir du président Azali Assoumani et réclamer le respect du principe de la présidence tournante entre les îles de l’Union des Comores. À l’issue de cette rencontre organisée sous l’égide de l’Union de l’Opposition de Mohéli (OUM), les contestataires ont annoncé qu’ils ne reconnaissaient plus Azali Assoumani comme président légitime de l’Union à compter du 26 mai 2026. Une déclaration qui marque une nouvelle étape dans la confrontation entre le pouvoir et une partie de l’opposition comorienne.

Au cœur de la contestation figure la question de la tournante présidentielle instaurée par les accords de réconciliation nationale du 17 février 2001. Selon les responsables de l’OUM, le mandat attribué à la Grande Comore depuis 2016 aurait dû prendre fin en 2021, avant de revenir à Anjouan puis à Mohéli en 2026. Prenant la parole devant les manifestants, le docteur Abdou Djabir a accusé le régime de vouloir « confisquer » les acquis de la réconciliation nationale afin de conserver durablement le pouvoir. Même ton chez l’ancien ministre Mohamed Elarif Oukacha, qui a déclaré que l’opposition ne reconnaissait plus « la légitimité politique et morale » du chef de l’État.

Dans leur déclaration finale, les membres de l’OUM estiment que le processus électoral de 2021 a détourné la tournante destinée à Anjouan à travers, selon eux, un système marqué par le verrouillage institutionnel et l’exclusion des forces démocratiques. Face à ce qu’ils qualifient de « dérive institutionnelle », les opposants appellent désormais à une désobéissance civile et à une résistance « pacifique et civique » afin de défendre la Constitution issue de l’accord-cadre de Fomboni. Ils invitent également les forces politiques, la société civile, les autorités religieuses ainsi que la communauté internationale à intervenir pour éviter une aggravation de la crise.

À Fomboni, plusieurs participants ont exprimé leur inquiétude quant à un possible retour des tensions inter-îles si le système de la tournante venait à être définitivement remis en cause. Pour eux, ce mécanisme reste l’un des principaux garants de l’équilibre politique et de l’unité nationale. L’OUM conclut en affirmant que « la présidence tournante de 2026 appartient à l’île de Mohéli » et avertit qu’aucune manœuvre politique ou sécuritaire ne pourra remettre en cause ce qu’elle considère comme un droit légitime sans exposer le pays à une grave crise nationale.

Riwad

 


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