À travers une sortie virulente diffusée sur les réseaux sociaux, Dr Abdou Djabir et le doyen Mohibaca Baco, s’exprimant au nom de « La Voix de Mohéli » (Swauti ya Mwali), dénoncent la tenue annoncée des assises dites de réconciliation à Fomboni. Ils fustigent également la gestion du dossier Akbarou Issoufa et réclament que toute la lumière soit faite sur des morts jugées suspectes, ravivant ainsi les tensions politiques sur l’île.
Depuis le vendredi 2 janvier, le climat politique est devenu particulièrement lourd à Mohéli, notamment dans la capitale Fomboni. Des affiches arborant les portraits de Dr Djaza Mohamed, Abdou Nassur et Akbarou Issoufa ont fleuri sur les murs de la ville et dans plusieurs localités de l’île. Ces messages, non signés, accusent ouvertement le régime en place d’être responsable de la mort de ces figures, qualifiées d’« enfants de Mohéli ».
La réaction des forces de l’ordre ne s’est pas fait attendre. Dès les premières heures, ces affiches ont été arrachées. À l’aube du samedi 3 janvier, un important dispositif sécuritaire a été déployé dans les rues de Fomboni afin d’empêcher toute nouvelle tentative d’affichage, traduisant la nervosité des autorités face à cette montée de la contestation.
C’est dans ce contexte tendu que, dans l’après-midi du dimanche, Dr Abdou Djabir et le doyen Mohibaca Baco ont pris la parole publiquement. Se présentant comme des voix engagées de l’opposition, ils ont exprimé leur rejet catégorique de l’organisation des assises de « réconciliation » prévues le 17 février prochain à Fomboni, à l’initiative du président Azali Assoumani et de son équipe.
Pour ces deux figures politiques, la réconciliation nationale n’est plus à l’ordre du jour. « La réconciliation a déjà eu lieu en 2001 », affirme Dr Abdou Djabir. Selon lui, la véritable revendication de la population de Mohéli est ailleurs : « Ce que demande le peuple, c’est la restitution des acquis des accords-cadres de Fomboni, qui avaient instauré la paix. Qu’il pleuve ou qu’il neige, le tour de Mohéli doit venir en 2026 », martèle-t-il, en référence au principe de la présidence tournante. Et de rappeler que « la tournante n’a pas été instaurée pour des routes ou des infrastructures, mais pour préserver la paix ».
Les deux opposants voient dans ces assises une manœuvre politique. « Ce ne sont pas des assises pour la paix, mais des micmacs pour s’éterniser davantage au pouvoir. Nous ne sommes pas d’accord », tranche Dr Abdou Djabir.
Enfin, abordant le dossier sensible d’Akbarou Issoufa, décédé dans des circonstances jugées troubles, Dr Abdou Djabir et Mohibaca Baco exigent qu’une enquête approfondie soit menée. Ils réclament que les responsabilités soient clairement établies parmi toutes les personnes citées dans cette affaire, estimant que justice doit être rendue pour apaiser les consciences et restaurer la confiance.
Riwad
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