Après la mise en détention provisoire de l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi sur ordonnance du juge d’instruction le lundi 20 août dernier, le Juwa, parti dont Sambi est le président d’honneur, rejette fermement la décision. Le principal parti d'opposition a réagi à travers une déclaration officielle dont La Gazette des Comores s’est procurée une copie.
Le lundi 20 août aux environs de 16 heures, le juge d’instruction s’est prononcé sur le cas Sambi. L’ancien raïs est placé en détention provisoire sur ordonnance. Une décision que la direction nationale du parti estime non justifiée. « L’inculpation et la mise en détention préventive dans sa résidence de Voidjou sont une suite à la séquestration non justifiée dont le président Sambi a été victime depuis trois mois », lit-on dans cette déclaration du parti Juwa. Selon le bureau du Juwa, le régime en place a accéléré le processus afin de priver l’ancien raïs de sa liberté. Mohamed Msaidié, Secrétaire Général du Conseil Politique du parti, laisse entendre que cette décision, prise à la hâte, « n’est pas fortuite » car le pouvoir savait que « la Cour d’appel du parquet de Moroni allait statuer le lendemain, mardi 21, sur l’assignation à résidence surveillée du Président d’honneur du parti Juwa ».
Dans cette déclaration, le bureau du Juwa considère l’affaire de la Citoyenneté économique comme étant une « affaire purement politique ». «Suspectant une levée de cette assignation accordant la liberté au président Sambi, le pouvoir accéléra la procédure pour demander au juge de l’entendre en comparution immédiate et de l’inculper dans l’affaire dite de la citoyenneté économique », lit-on dans cette même déclaration.
Pour le Juwa, le rapport rendu par la commission d’enquête parlementaire chargée de cette affaire n’est pas fiable car il a été rejeté par 3 des 5 membres de la commission choisie pour faire la lumière sur celle-ci et que ce même rapport n’a pas été présenté en débat au sein de l’hémicycle.
Plusieurs personnalités politiques notamment de l’opposition sont ciblées par ce rapport. Pour le bureau du Juwa, « le pouvoir veut s’en servir pour éliminer politiquement un adversaire gênant ». A cet effet, le bureau du Juwa regrette que « le président Sambi est fait prisonnier par le pouvoir pour une affaire purement politique ». « Les conditions inhumaines de détention de par son isolement peuvent avoir des conséquences graves sur sa santé et le pouvoir actuel aura à y répondre tôt ou tard », lit-on dans la déclaration du Juwa.
Cet acharnement contre l’ancien Rais fait suite à sa déclaration de vouloir « conduire un rassemblement républicain pour lutter contre la démarche du président de la République de modifier la constitution de 2001 mettant en cause les acquis de la réconciliation consacrés par les accords de février 2001 ». La position engagée par le Juwa et l’Union de l’Opposition laisse comprendre que le président de la République ne va pas parachever son plan que tous jugent machiavélique. « Il [le président de la République] croit ainsi pouvoir mettre en application sa constitution du 30 juillet, rejetée par la majorité des Comoriens et mettre en place des institutions taillées sur mesure pour s’éterniser au pouvoir », conclut la déclaration.
A.O Yazid
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