La Gazette

des Comores

Me Mzimba est contre « la tournante »

Me Mzimba est contre « la tournante » © : HZK-LGDC

Dans une émission de Fcb-fm, Ibrahim Ali Mzimba Ibrahim, avocat et candidat élu aux dernières législatives a abordé plusieurs sujets d’actualité, notamment la question de la présidence tournante, instaurée depuis la constitution de 2001. « Ce mode de gouvernance freine notre développement et renforce les divisions entre les îles. Nous devons repenser à notre organisation politique pour construire un État plus stable et efficace », dit-il


Après les législatives de janvier dernier, Me Ibrahim Ali Mzimba, président du parti pour la réforme des institutions (PARI), s’est exprimé mercredi 12 février dernier sur plusieurs sujets d’actualité lors d’une émission sur Fcbk FM. Il a abordé l’insécurité et défendu la peine de mort comme solution dissuasive. Opposé à la présidence tournante, il estime que ce système freine le développement du pays. Il a par ailleurs salué la diplomatie du président Azali tout en critiquant le manque de transparence sur l’exploitation pétrolière. Sur la question de Mayotte, il regrette l’absence d’un référendum confirmant son appartenance aux Comores.

Concernant la montée de l’insécurité, l’avocat a estimé que les causes sont multiples et nécessitent une réponse globale. « Les violences que nous observons aujourd’hui sont le résultat de plusieurs facteurs : l’éducation, la précarité et un système judiciaire qui ne dissuade pas suffisamment », a-t-il déclaré. Sur la peine de mort, Me Mzimba a réaffirmé son soutien à cette sanction, le considérant comme un outil dissuasif pour les crimes les plus graves. « Il faut une justice ferme et des sanctions adaptées. La peine de mort doit être envisagée pour les cas les plus extrêmes », a-t-il affirmé, tout en insistant sur la nécessité de garantir un procès équitable.

Il a également pris position contre la tournante, en place depuis l’accord de Fomboni de 2001. « Ce mode de gouvernance freine notre développement et renforce les divisions entre les îles. Nous devons repenser notre organisation politique pour construire un État plus stable et efficace », a-t-il plaidé. En matière de politique étrangère, Me Mzimba a salué le travail du président Azali Assoumani. « Il a réussi à renforcer la présence des Comores sur la scène internationale. Sa diplomatie est une réussite et il faut le reconnaître », a-t-il déclaré.

Il a toutefois exprimé son regret face à l’absence de communication du gouvernement sur l’exploitation pétrolière, qui devait débuter ce mois de février. « On nous avait annoncé que les opérations commenceraient en février, mais aujourd’hui, nous n’avons aucune information sur l’avancement du projet », a-t-il déploré, appelant à plus de transparence sur ce dossier stratégique. Enfin, concernant Mayotte, il a regretté qu’aucun référendum n’ait été organisé pour affirmer l’appartenance de l’île à l’État comorien. « Depuis toutes ces années, aucun effort n’a été fait pour consulter le peuple sur cette question. Il est temps que ce sujet soit abordé sérieusement », a-t-il conclu. À travers ces différentes prises de position, Me Mzimba confirme son engagement pour une réforme en profondeur des institutions et une gouvernance plus transparente. Son regard critique sur certains aspects de la politique nationale, tout en reconnaissant les avancées diplomatiques, reflète une volonté d’instaurer un débat sur les enjeux majeurs du pays.

Mohamed Ali Nasra

 


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