Pour protester contre les assises nationales qu’elle juge « non transparentes » et « non inclusives », l’Union de l’opposition prévoit de tenir un rassemblement ce lundi chez le secrétaire général du parti Juwa, à coté du Palais du peuple. Un rendez-vous qui, comme les précédents, risque d’être empêché par les forces de l’ordre.
Assises nationales et manifestations ! Ce lundi, qui marque l’ouverture des assises nationales, risque d’être agité. Si les enseignants prévoient de continuer leur manifestation, l’opposition n’est pas en reste. Après le coup raté de samedi où des leaders politiques ont été arrêtés pendant quelques heures par la gendarmerie, l’Union de l’opposition n’en démord pas. Un autre rassemblement doit se tenir aujourd’hui, dans un lieu privé, à quelques encablures du Palais du peuple, pour protester contre la tenue des assises nationales, du moins dans sa configuration actuelle.
Si les forces publiques ont empêché le déroulement du rassemblement au Foyer des femmes de Moroni samedi dernier, Ahmed El-barwane, secrétaire général du parti Juwa, veut croire que le rendez-vous de ce jour aura lieu comme prévu, mettant en avant le caractère privé du lieu, soit son domicile de Zilimadjou.
« Nous espérons avoir la surveillance des forces de l’ordre pour le bon déroulement de l’événement », a formulé l’ancien gouverneur de Ngazidja Mouigni Baraka Said Soilihi, lors de l’annonce du rassemblement au siège du parti Juwa. Pour rappel, samedi, l’opposition voulait organiser un rassemblement au foyer des femmes de Moroni mais la force publique en a décidé autrement en bloquant l’accès à la salle. Sept leaders de l’opposition ont été arrêtés par la gendarmerie. Parmi eux, trois députés. Ils seront relâchés dans la journée.
Aux abords de la place de l’indépendance, des groupes de manifestants clairsemés. Lorsque les sept leaders, qui étaient aux mains de la gendarmerie, sont venus les rejoindre sous les ovations, ils ont tenté de se rassembler à nouveau. Après moult interventions des forces de l’ordre, les chefs de file des manifestants ont fini par obtempérer.
Ils se sont dirigés vers le siège du parti Juwa, au Nord de Moroni, d’où ils ont annoncé la tenue d’un autre rassemblement auquel devraient prendre des délégations venues des deux autres îles. « Les membres de la délégation internationale qui seront à Moroni doivent comprendre qu’il ne s’agit pas d’assises nationales mais plutôt de celles du gouvernement. Et nous sommes confiants qu’ils vont être de notre coté, nous peuple », a dit Mouigni Baraka. Précisons que la journée de samedi n’a pas été sans incident.
Si la gendarmerie, que nous avons suivie, n’a levé la main sur personne malgré une tension palpable, la police nationale elle, n’a pas fait preuve de sang froid. Le député de Moroni Sud s’est fait jeté dans un pick-up où il a été roué de coups de bottes comme un mal propre. Il compte poursuivre en justice les policiers qui l’ont violenté et qu’il a pu identifier.
« Le prix de la liberté est souvent très cher. Nous sommes prêts à payer cher ! Mais Azali et son ministre de l’intérieur Kiki ne peuvent pas gouverner avec une main de fer comme si nous étions dans une monarchie !», s’emporte Razida, membre de l’Updc, « déterminé à faire face à tous ceux qui veulent nous voler nos libertés les plus fondamentales ».
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