L’Union africaine enjoint au gouvernement Azali de libérer « tous les prisonniers politiques » et à ouvrir les procès « pour ceux qui sont soupçonnés d’avoir commis des délit ». Sans surprise, Moroni nie détenir de prisonniers politiques dans ses prisons.
Dans un communiqué en date du 27 octobre, l’Union Africaine à travers son Conseil de paix et sécurité enjoint aux autorités comoriennes de libérer les prisonniers politiques. Une demande sans doute rejetée, du moins dans sa forme, par Moroni qui considère en effet qu’il n’y a pas cette catégorie de détenus dans ses prisons. « Le conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, dont le président Azali est un des vice-présidents, se trompe », réplique le porte-parole du gouvernement Houmed Msaidie, assurant que la justice comorienne « ne détient personne poursuivie pour délits d’opinion ».
Quant à l’ancien président Sambi et le gouverneur déchu d’Anjouan, Salami, incarcéré après qu’ils se sont opposés à la reforme constitutionnelle de juillet 2018 et aux élections anticipées de mars et avril 2019, M. Msaidie estime qu’ils ont commis des actes « répréhensibles ». « Oui il y a des acteurs politiques poursuivis pour des actes répressibles et ils seront jugés comme tels ».
Le communiqué de l’UA révèle une toute autre position de l’organisation panafricaine surtout quand on sait qu’à l’issue de la mission de septembre, la délégation qui était dépêchée à Moroni pour jeter les bases du dialogue national soutenait à cor et à cri que celui-ci ne peut, en aucun cas, être soumis à des préalables. Mais l’UA change son fusil d’épaule et reconnait dorénavant que « malgré les progrès réalisés, certains défis demeurent au niveau politique, ce qui entrave les progrès dans le lancement du dialogue national ». Et surtout elle « souligne la nécessité pour le gouvernement de l'Union des Comores de déployer les mesures et les étapes nécessaires pour regagner la confiance érodée des partis d'opposition ».
Dit autrement, le gouvernement est invité à prêter une oreille attentive aux conditions de l’opposition pour un dialogue inter-comorien « efficace », « inclusif » et « transparent ». Les mots ont un sens, et c’est surtout une victoire pour l’opposition. « Notre sens d'agir nous donne raison », s’exclame le porte-parole de la coalition de l’opposition Ibrahim Abdourazak Razida. « Cela justifie aussi que nos exigences ou tout simplement nos préalables avant de prendre part à ce dialogue, sont légitimes » poursuit celui qui se dit quand même méfiant vis-à-vis de l’Union africaine.
Andjouza Abouheir
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC