Le Front commun de l’opposition qui réunit l’essentiel des partis et groupements politiques s’opposant au régime d’Azali Assoumani se refuse de cautionner le gouvernement en exil mené par le leader historique de FD, Moustoifa Said Cheikh, dans la foulée du 26 mai 2021, date qui selon l’opposition marque la fin du mandant de l’actuel chef de l’État.
Devant la presse mercredi 2 juin, l’opposition interrogée à ce sujet n’a pas souhaité s’y atteler devant les médias. « On ne nous a pas consultés, et donc nous n’avons aucun commentaire à faire », a balayé le secrétaire exécutif du Front commun Hassane El-barwane. C’est le sujet le plus attendu lors de cette conférence de presse, et contre toute attente il aura été survolé comme en ferait les frais un fait divers. Dans la foulée du 26 mai, date qui selon l’opposition marque la fin du mandat d’Azali Asmoumani (élu pour 5 ans en 2016 avant de remettre les compteurs à zéro en 2019 à la faveur d’un referendum constitutionnel le 30 juillet 2018, Ndlr), l’ancien député Ali Mhadji a depuis l’étranger proclamé Moustoifa Said Cheikh « président du gouvernement de transition ».
Une annonce qui a décontenancé la classe politique, aussi bien dans l’opposition que dans le pouvoir. D’aucuns reprochent le leader très respecté du FD Moustoifa Said Cheik « de s’être laissé entrainer dans un jeu puéril ». Alors que face à une telle posture le Front commun semble en effet gêné aux entournures, le principal concerné, lui, ferait le dos rond. Pour éviter d’enfoncer davantage une opposition fracturée, le Front commun ne désapprouve pas explicitement ce gouvernement en exil, mais ne le cautionne pas pour autant. « On ne nous a pas consultés, et donc nous n’avons aucun commentaire à faire », c’est ainsi qu’Hassane El-barwane, au nom du Front commun dont il est le secrétaire exécutif, s’est débarrassé de la patate chaude.
Rappelons qu’après la présidentielle anticipée de 2019 à l’issue de laquelle la Cour suprême a déclaré Azali Assoumani élu dès le premier tour, l’opposition qui a refusé de le reconnaitre a mis en place un Conseil National de Transition dirigé d’abord par le candidat malheureux Soilihi Mohamed alias Campagnard puis, après sa défection moins d’un mois plus tard, par Mouigni Baraka Said Soilihi également candidat malheureux et ancien gouverneur de l’île de Ngazidja. Si le président du CNT se trouve sur le territoire national, celui du nouveau « gouvernement de transition », Moustoifa Said Cheikh, est à l’étranger depuis des longs mois, pour des raisons qu’on ignore encore.
Lors de sa rencontre avec la presse ce mercredi, l’opposition considère, sans surprise, que depuis le 26 mai 2021 le chef de l’État Azali Assoumani « est un président illégitime et illégal ». De ce fait, « ses actes sont frappés de nullité juridique. A partir de cette date, les Comores sont juridiquement entrées dans une période de vide institutionnel à la tête de l’Etat et ce jusqu’ à l’élection d’un président originaire de l’île d’Anjouan ». Avec une stratégie « secrète », l’opposition réaffirme à nouveau sa détermination à mettre fin à la « dictature » d’Azali Assoumani, et « à œuvrer pour faire respecter l’Accord-cadre de Fomboni qui porte la signature de l’OIF, UA et se battre dans le cadre pour la tournante pour Anjouan en 2021 et de Mohéli en 2026 avec l’appui des organisations internationales signataire de l’Accords de Fomboni susmentionné ».
Andjouza Abouheir
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