La Gazette

des Comores

L’opposition condamne la dispersion musclée d’une réunion du mouvement Anjouan Unie

L’opposition condamne la dispersion musclée d’une réunion du mouvement Anjouan Unie © : HZK-LGDC

Le Front commun des forces vives de l’opposition a condamné l’irruption du peloton d’intervention de la gendarmerie nationale (PIGN), dans la rencontre pacifique du mouvement Anjouan Unie. Ils se sont exprimés aussi sur la manière don le gouvernement a géré le crash d’AB ainsi que sur le dialogue national.


Comme à chaque événement national, l’opposition monte au créneau pour s’exprimer. On l’a vu lors des assisses nationales et aujourd’hui le dialogue inter-comoriens. L’opposition a commencé sur l’irruption du PIGN dans une rencontre pacifique du mouvement Anjouan Unie, suivie par des arrestations le 26 février. Le Front commun des forces vives a condamné. « En effet, l’ensemble des forces vives de l’île d’Anjouan réunies sous la bannière de Ndzuwani Unie, s’était donnée rendez-vous samedi 26 février à Mutsamudu aux fins de se pencher sur cette thématique de dialogue non inclusif, non transparent et non souverain. Mais alors que la réunion qui rassemblait déjà 400 participants à 9h du matin dans une salle privée de la capitale de l’île, la dictature du colonel Azali n’a pas manqué de sévir comme à son habitude à Anjouan qu’elle considère comme son terrain conquis », lit-on sur sa déclaration. Et de rappeler que « de pareilles rencontres, surtout de la CRC, parti au pouvoir sont régulièrement organisées sur l’ensemble du territoire, et parfois même de l’opposition dans les deux autres îles, sans que la milice armée de la dictature fasse usage de la même violence… ».

Me Ahamada Mahamoud s’est dit surpris de voir ses éléments du PIGN rentrer en scène. « Ils étaient une vingtaine, qui ont fait irruption dans l’hôtel Joana où était censé se tenir la réunion. Celui qui a une chambre était appelé à entrer dans sa chambre, et celui qui en n’a pas de sortir immédiatement. Je leur ai demandé pourquoi, on est dans une propriété privée, on a le droit. En plus c’est une réunion pacifique. Ces derniers nous ont dispersés, tout en procédant à des arrestations musclées. Des personnes sont arrêtées dont le député Nassim », explique-t-il. Et d’ajouter que « j’ai saisi le procureur général pour montrer la situation, et de lui demander de libérer notre ami Nassim. Cette situation ne doit pas continuer. L’île d’Anjouan a le droit de s’exprimer. Tout comme nous tous. Il est temps de cesser la répression envers la population ».

Autres sujets, les conférenciers ont rebondi sur le crash de l’avion AB. Selon eux, le gouvernement n’a pas pris les choses en main. « C’est horrible, le jour du crash, le président et son gouvernement étaient en cérémonie avec son homologue sénégalais. C’est irresponsable. Il aurait dû annuler ses cérémonies… », dénonce le porte-parole de l’opposition Ibrahim Abdourazak (Razida). Concernant le dialogue, l’opposition parle d’un « monologue », lâche-t-il.

Nassuf Ben Amad

 


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