Ce dimanche 12 janvier, le scrutin à Anjouan a été marquée par des tensions et des accusations de fraudes. Les élections, dans les 12 circonscriptions de l'île qui auraient dû être un moment de démocratie et de liberté d’expression, se sont « rapidement transformées en une mascarade », déplore le candidat Madiane Moufidhou. Dès l’ouverture des bureaux de vote, des incidents se sont multipliés, tels que « bourrage d'urnes à Ouani », selon la candidate Fatimati Zahara du mouvement JFR.
Plusieurs bureaux de vote ont ouvert avec retard, semant la confusion parmi les électeurs qui patientaient dans l’espoir d’exercer leur droit civique. Un retard suivi d’un accès difficile pour les représentants des candidats de l’opposition. Des témoignages ont révélé que ces mandataires ont été confrontés à des barrages policiers, empêchant toute observation indépendante du scrutin. Certaines sources ont même rapporté des menaces pesant sur les plus téméraires. Dans le camp des candidats du régime (Convention pour le Renouveau des Comores), l’atmosphère était tout autre. Ils ont salué une élection « démocratique », exprimant leur gratitude envers la population pour son engagement à maintenir un climat de paix, malgré les tensions. « Nous assistons à un moment historique pour Anjouan. La sérénité et la responsabilité de nos citoyens nous encouragent à aller de l’avant », a déclaré Miroidi Aboudou, candidat CRC après avoir accompli son devoir civique.
Néanmoins, ces déclarations sont loin de refléter l’opinion générale. Aynoulhouda Jaffar, candidat indépendant et figure montante de l’opposition, a exprimé sa frustration face à ce qu’il considère comme une « manipulation flagrante du processus électoral ». Lors d’une émission en direct sur CM, il n’a pas hésité à qualifier la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) de complice d’une mascarade. « Les urnes sont bourrées à Mutsamudu », s’est-il indigné. Pour lui, ces pratiques ne font que renforcer l’idée que les autorités cherchant à enterrer toute forme de contestation politique. Il a également évoqué des bavures administratives. Selon ses dires, plusieurs de ses représentants ont été confrontés à des irrégularités grossières, les empêchant d’accéder aux bureaux de vote. « C’est inacceptable ! », a-t-il martelé. Selon lui, cela a favorisé une seule faction politique, laissant les autres dans l’incertitude.
Ce climat de méfiance se reflète chez les électeurs, qui, pour la plupart, expriment des craintes quant à l’intégrité du scrutin. De nombreux citoyens ont rapporté avoir vu des comportements suspects, tel le cas d’individus transportant des bulletins de vote pré-cochés. Ces témoignages alimentent le discours de l’opposition, qui dénonce une élection biaisée dès le départ. La CENI, quant à elle, se défend, affirmant qu’elle a déployé tous les efforts nécessaires pour garantir le bon déroulement des élections. C’est un défi que l’organisme devra relever, car il y va de la légitimité de cette élection face à la contestation. Les jours à venir s'annoncent décisifs, car l’opposition se prépare déjà à contester les résultats.
Younès
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