La Gazette

des Comores

Législatives : Des candidats dénoncent des bourrages d’urnes

Législatives : Des candidats dénoncent des bourrages d’urnes © : HZK-LGDC

Des bureaux de vote vides et des urnes gloutonnement remplies de bulletins. Les législatives de janvier 2020 n’ont rien à envier à la présidentielle de mars de l’année précédente.


C’est surement par l’implacable « volonté divine ». Le premier tour des législatives n’a pas mobilisé beaucoup de monde. Et pourtant les premiers résultats issus des urnes prennent le contrepied de cette réalité. Plusieurs bureaux de vote sont ceux qui affichent ostentatoirement des taux de participation qui frôlent les 70%. Ces bureaux de vote dans lesquels l’on pouvait entendre voler une mouche faute d’activité pour les membres les composant. Les électeurs étaient rarissimes.

 

A Nioumadzaha par exemple, à 11H quand nous avons tapé l’incruste dans les trois bureaux que compte cette localité acquise au pouvoir, le bureau qui avait enregistré le plus de votants n’en avait que…20. Quand nous sommes revenus aux mêmes lieus six heures plus tard, les urnes étaient déjà remplies. Les compteurs explosaient puisqu’ils affichaient plus de 200 électeurs. Dans un bureau de vote, notre présence envoyait des fourmis dans les jambes du président tandis que dans un autre l’on nous refusait de jeter un coup d’œil dans liste d’émargement.

 

Un de nos confrères qui couvrait dans le Hambou rapporte un témoignage poignant d’un agent de la force publique. En effet dans certains endroits, l’électeur était invité à voter…deux fois. A Anjouan, notre correspondant rapporte que les représentants des candidats indépendants sont expulsés des bureaux, et des urnes pré-remplies découvertes. Ce qui a provoqué le courroux de l’ancien premier-ministre Ibrahim Halidi qui a fini par prendre la décision de se désister. Même si légalement sa décision est nulle et non avenue car trop tardive.

 

Les bourrages sont également dénoncés à Moroni par des candidats rivaux. Aucune région n’est épargnée. L’on peut dire que ces législatives n’ont rien à envier à la présidentielle de mars 2019 au cours de laquelle, des urnes pré-remplies sont transposées dans les bureaux avant même l’ouverture de ces derniers. Des affrontements ont éclaté et plusieurs blessés par balle étaient à déplorer. Heureusement cette fois le pire est évité. Grace à l’indifférence qu’a essuyée le scrutin, peut-être.

 

TM

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.