Quelques heures après la publication des résultats provisoires des législatives du 12 janvier, l’opposition unie et le parti Juwa dénoncent des pratiques électorales frauduleuses. Ces formations politiques rejettent en bloc les résultats, et qualifie le scrutin de « mascarade électorale ».
L’opposition (OUC) a exprimé son profond mécontentement face à ce qu’elle considère comme une élection entachée de nombreuses irrégularités. Selon son communiqué, l’Opposition a observé « l’absence de garanties sur la sécurisation des bureaux et des urnes, des violations flagrantes du Code électoral, et des cas d’expulsion arbitraire » de ses membres présents dans les bureaux de vote. L’OUC affirme que les résultats de ces élections, qui ont attribué 29 des 33 sièges à la CRC (le parti au pouvoir), sont « illégitimes et frauduleux ». De plus, elle évoque une répression violente, affirmant que les militaires ont joué un rôle intimidant pendant le déroulement du scrutin, comparant cette situation à une « Grèce des colonels ».
En conséquence, l’OUC a fermement rejeté les résultats et appelle la communauté internationale à ne pas cautionner ce qu’elle décrit comme un « hold-up électoral ». Elle met en garde contre une dérive autoritaire, accusant le président Azali Assoumani et son parti de menacer les libertés démocratiques et l’État de droit.
Parallèlement, le parti JUWA, par la voix de son secrétaire général Ahmed Hassane El Barwane, a salué le boycott massif du scrutin par les électeurs comoriens, qu’il considère comme un « acte de résistance » contre la dictature du président Azali Assoumani. Le JUWA affirme que, par leur absence aux urnes, les citoyens ont exposé au grand jour les pratiques frauduleuses telles que le « bourrage des urnes » et l’utilisation abusive de procurations. Le parti souligne que cette élection, tout comme celles de 2019, 2020, et 2024, a suivi une logique de « mascarade » visant à légitimer un pouvoir « dictatorial ».
Le parti JUWA, qui refuse de reconnaître la légitimité du président Azali et de ses députés, met en garde la communauté internationale contre toute collaboration future avec le gouvernement actuel. « Nous nous réservons le droit de remettre en cause tout accord conclu avec le colonel Assoumani Azali dès la chute de son pouvoir », a averti le JUWA, ajoutant que ce régime n’a jamais défendu les intérêts du peuple comorien.
Alors que le parti au pouvoir, la CRC, revendique une victoire écrasante, l’OUC et le JUWA continuent de dénoncer ce qu’ils appellent un système électoral antidémocratique. Cette crise politique, qui se nourrit de tensions croissantes depuis plusieurs années, pose un défi de taille pour l’avenir démocratique de l’Union des Comores. L’opposition rejette ces résultats. « Le parti Juwa rejette fermement les résultats issus de la mascarade du 12 janvier comme l’ensemble de toutes les mascarades électorales organisés par le colonel Assoumani Azali depuis le 24 mars 2019 », lit-on dans le communiqué dudit parti. Face à ces accusations de fraude et de répression, la communauté internationale sera-t-elle prête à réévaluer sa position vis-à-vis du gouvernement comorien ? Une chose est certaine : la contestation des résultats de cette élection ne fait que renforcer la polarisation politique du pays.
Mohamed Ali Nasra
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