Présentée en plénière hier lundi 25 décembre, la loi des finances 2018 a été adoptée en première lecture. Un budget estimatif de 66,632 milliards fc, voulu ambitieux, qui serait élaboré dans un contexte économique promoteur, dira le ministre des finances dans son exposé des motifs.
24 députés sur 33 ont validé le budget de l’exercice 2018. Un vote qui est passé cette fois, sans encombre à l'inverse de l'année dernière où l'argentier du pays était sommé d'aller revoir sa copie et que d'aucuns considéraient comme une gifle au gouvernement.
Devant les députés, le ministre des finances a présenté un budget prévisionnel dont les recettes globales sont arrêtées à 100,371 milliards fc, soit 17,60% du Pib, représentant une diminution de 12,210 milliards fc.
Quand aux recettes totales intérieures, elles sont estimées à 66,632 milliards fc, soit 11,42% du Pib contre 64,360 milliards fc en 2017. Un accroissement de 2,272 milliards fc pour 2018, ce qui équivaut à 0,32% du Pib. « Une augmentation due à l’accroissement des recettes », a indiqué Said Ali Said Chayhane ministre des finances et du budget qui prévoit 33,739 milliards fc au titre des dons, soit 5,63 % du Pib.
« A travers ce budget, le gouvernement réaffirme sa volonté de renforcer les bases d'un développement fiable et équilibré. Et de soutenir l'épanouissement économique, centré autour de la lutte contre la précarité », a-t-il déclaré, soulignant une situation économique qui commence à se rétablir depuis la relance du secteur énergétique au premier trimestre 2017.
Annonçant une croissance économique de l'ordre de 3,3% cette année, M. Chayhane fait savoir que la loi des finances 2018 s'inscrit « dans un contexte qui se caractérise par le lancement des grands chantiers des projets du gouvernement et une redynamisation du secteur privé, des initiatives réunies autour d'une vision commune de développement visant une croissance accélérée et inclusive à moyen terme. »
Pour la vision de l’émergence à l’horizon 2030 dont s’inspire ce budget, l'argentier du pays vise un objectif de croissance, qu'il dit réaliste et progressif de plus de 6,5% par an. Pour en arriver aux ambitions affichées, il appelle au renforcement de la bonne gouvernance et le civisme fiscal.
« Ces perspectives prennent en compte les objectifs de croissance issus des orientations stratégiques de la SCA2D ainsi que le plan d'investissement quinquennal qui vise à établir les bases de croissance durable et inclusive permettant d’améliorer la qualité de la vie de la population en lui garantissant un accès équitable aux services sociaux, de préserver l’héritage naturel et culturel du pays en encourageant l'exploitation optimale des ressources naturelles », a-t-il soutenu. Et lui de regretter une économie comorienne dominée par un secteur informel, pénalisant l'économie du pays.
Quelques nouveautés ont été relevées, notamment la budgétisation de la redevance administrative unique (Rau), l'introduction d'une taxe sur les boissons sucrées pour financer la prise en charge des maladies chroniques non transmissibles, la sécurisation des recettes publiques issues des diverses régies.
Le ministre annonce entre autres le maintien de l'appui financier et technique à la Ma-mwe et la continuation du projet de la centrale à fioul lourd, la continuation des chantiers des infrastructures routières et hospitalières.
« L'assainissement des finances publiques se fera dans un contexte de rigueur et de fermeté. En effet, le gouvernement s'engage à poursuivre un programme de stabilité macro économique, à continuer la lutte contre la corruption par le renforcement de la bonne gouvernance, l’efficacité et de l'accessibilité d'une justice applicable à tous », a-t-il martelé.
M. Chayhane qui prône pour un accroissement des ressources internes - seul moyen à l'en croire, d'éviter la dépendance vis à vis de l'extérieur en termes de budget, l'élargissement de l'assiette fiscale, la continuation de la restriction des exonérations, une meilleure prise en compte des niches fiscales et la finalisation de la révision des conventions d'établissement ainsi que le renforcement du contrôle fiscal.
Maoulida Mbaé
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