La Gazette

des Comores

Liste définitive des candidats autorisés à l’élection présidentielle / De la précipitation répondant à un agenda politique en République

Liste définitive des candidats autorisés à l’élection présidentielle / De la précipitation répondant à un agenda politique en République © : HZK-LGDC

« Parce que l’on est bien obligé de reconnaître que sans la diligence du sieur Bourhane Abdallah, la section administrative de la Haute juridiction n’aurait jamais su pour la société au capital de 7 milliards, supposée appartenir à l’ancien vice-président en charge des finances. In fine, qu’est ce qui nous dit que l’institution a diligenté les enquêtes nécessaires pour les 16 autres candidats qui étaient provisoirement retenus, ne serait-ce que sur le point précis du patrimoine qu’ils ont déclaré ? ».


L’avocat de Mohamed Ali Soilih, Youssouf Msa a entamé une procédure de demande de révision de l’arrêt de la section administrative statuant en matière électorale en date du 09 février dernier. Celui-ci portant sur la liste définitive des candidats autorisés à se présenter à l’élection présidentielle du 24 mars prochain avait disqualifié la candidature de Mamadou, au motif qu’il avait dissimulé une partie de son patrimoine. Fait d’autant plus étonnant qu’il avait été retenu par la Cour, lors de la publication de la liste provisoire des candidats présidentiables, publiée le 29 janvier dernier.

 

Nous ne dirons pas que la Cour s’est déjugée en disqualifiant Mohamed Ali Soilihi, après l’avoir qualifié, fut-ce provisoirement. Ce qui est étonnant, c’est le motif de la disqualification. On se rappelle que l’ancien candidat Bourhane Abdallah avait introduit un recours en annulation de la candidature de Mamadou. Les raisons étaient nombreuses mais nous n’évoquerons que celle qui a retenu l’attention de la Cour : dissimulation d’une partie de son patrimoine. Et quel patrimoine ! Celui-ci, est en fait une société, au capital de plus de 7 milliards. Ce n’est pas une petite épicerie, ni une maison en tôles mais une grosse société que la Cour suprême n’a pas su (ou pu) voir ?

 

En cet instant précis, ayons une pensée particulière pour la défunte Commission Nationale de Lutte contre la Corruption, abrogée par décret en début de mandat, qui aurait pu faire le boulot. Parce que l’on est bien obligé de reconnaître que sans la diligence du sieur Bourhane Abdallah, la section administrative de la Haute juridiction n’aurait jamais su pour la société supposée appartenir à l’ancien vice-président en charge des finances. Qu’est ce qui nous dit que l’institution a diligenté les enquêtes nécessaires pour les 16 autres candidats provisoirement retenus, ne serait-ce que sur le point précis du patrimoine déclaré ?

 

Pourtant, nous croyons savoir que la Cour suprême doit user de tous les moyens possibles pour vérifier si le patrimoine déclaré est véridique. Nous ajouterions même que cela voudrait dire que la Cour a vérifié tout ce qu’il y avait à vérifier avant la publication de la liste provisoire.

 

Mais passons. Ce qui est encore plus grave, c’est que selon l’avocat de Mohamed Ali Soilih, Me Youssouf M’sa l’institution aurait été « dupée » par Bourhane Abdallah. Elle se serait contentée des allégations de ce dernier, sans encore une fois diligenter les investigations inhérentes et ira jusqu’à invalider une candidature en l'absence d’éléments probants si l'on en croit Me Youssouf M'sa. Pour faire bref, la section administrative statuant en matière électorale, se serait basée sur la bonne parole du candidat qui voulait nous faire quitter la zone franc. Ahurissant. « J’ai envoyé des huissiers au greffe du registre de Commerce, aux Impots, aux domaines et ces derniers n’ont trouvé aucune trace de la société à réglementation limitée au capital de 7 milliards », expliquait-il lundi dernier à la sortie de l’audience. Pire encore, le conseil de Mamadou a affirmé que Bourhane Abdallah, dans sa requête n’avait joint aucun document justifiant l’existence même de ladite société.

 

Ahurissant, écrivions-nous. Mais, il faut peut-être soutenir la conclusion selon laquelle la section administrative statuant en matière électorale ne dispose pas des moyens juridiques pour diligenter des enquêtes de ce genre. En effet, quels sont  les moyens qui lui confèrent le droit de procéder à des réquisitions aux Domaines, aux Impôts, etc ? Il est sans doute là le problème. Le problème de  la précipitation répondant à un agenda politique en République. Et il n'est absolument pas exclu que d’autres problèmes du même genre soient soulevés au cours de ce processus électoral qui va sans doute nous réserver bien des surprises.

 

Fsy

 

 

 

 


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