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Libre opinion / Assises nationales en septembre. Pourquoi si vite ?

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Libre opinion / Assises nationales en septembre. Pourquoi si vite ? © : HZK-LGDC

Moi, je ne vais pas proposer quoi faire. Mais, quoi ne pas faire. Les fausses bonnes idées à se méfier.


1/Passer d’un État fédéral à un État unitaire. Non !

Il faut arrêter de fermer les yeux sur les réalités. Nous sommes un archipel, il est évident que les aspirations des citoyens diffèrent d’une île à une autre. Puis, la fédération n’est pas la cause du repli insulaire. Il n’y a pas plus patriote que les américains, les russes, les allemands... pourtant ce sont des États avec un fédéralisme poussé à son paroxysme. Le nôtre, c'est du pipi de chat comparé. Ce sont nos mentalités qu’il faut changer. Sinon, unitaire ou fédéral ce sera pareil. Accessoirement, la République fédérale islamique des Comores n’avait de "fédéral" que le nom. En réalité, l’État était (pendant 26 ans) quasiment unitaire, cela n’a pas empêché la crise séparatiste.

2/Élire les juges de la Cour constitutionnelle. Surtout pas !

Vous voulez y mettre que des juristes? Grand bien vous fasse. Pourquoi pas ? Mais, de grâce, pas par l’élection. Vous vous plaignez d’avoir une Cour politisée. Une Cour soumise à ceux qui nomment les juges qui la composent. Vous avez peut-être raison. Mais, justement, avec l’élection des juges, bonjour la politisation à outrance. Les juges passeront leur temps à faire campagne, à rendre des décisions selon l’électorat, et sans aucun compte à rendre étant des élus du suffrage universel direct. Ils ne seront, certes, plus soumis aux autorités qui les nomment. Mais, ils seront soumis à pire, à bien pire : la vindicte populaire.

3/Créer un régime parlementaire avec un Premier ministre. Pourquoi pas. Mais, à déconseiller!

Déjà, pour ne pas se trouver dans la situation française, cela supposerait, pour que ça fonctionne bien, de ne plus élire le président au suffrage universel direct. Pas sûr que les Comoriens soient prêts à y renoncer. Moi, si, mais eux, pas sûr. Surtout, cela suppose une majorité parlementaire durable et disciplinée. Avec nos 100 partis et les hommes girouettes qui nous servent de politiques, il n'y aura pas de majorité stable et les gouvernements changeront toutes les 48h. Accessoirement aussi, on l'a toujours, plus ou moins, pratiqué jusqu'en 2001, ça n'était pas franchement une réussite. Réfléchissez-bien...

 

Mohamed Rasfsandjani

 

 


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