Celui qui se considère comme l’avocat des journalistes est parti en guerre contre la poursuite judiciaire des journalistes pour diffamation. Me Fahmi Said Ibrahim, Ministre d’Etat, ministre de la justice, souhaite plutôt la procédure dite de « citation directe ». Cela signifie que toute personne qui s’estime diffamée par un journaliste, « doit engager un huissier de justice pour faire constater les faits… »
Le Ministre de la justice est contre la détention de 24 heures ou de plus des journalistes comoriens. Ce n’est pas normal, croit-il. D’emblée, Me Fahmi Said Ibrahim reconnait les efforts fournis par les journalistes qui, selon le ministre de la justice peuvent parfois commettre certaines erreurs, comme d’ailleurs tout être humain. Un journaliste, pour lui, veut être toujours le premier à relater une information. Parfois il peut commettre une erreur, lorsqu’il fait son travail, rien que pour chercher la vérité afin d’éclairer l’opinion. Donc, les erreurs des journalistes ne peuvent être diabolisées.
Tout en attestant que la loi existe et elle est claire, Me Fahmi entend marquer sa politique en matière de délit de presse. Désormais, « j’ai donné des instructions fermes au parquet, qu’il est strictement interdit, qu’un journaliste, qui a fait son travail, et qui, malheureusement, s’est glissé dans une erreur puisse être interpelé par la gendarmerie et passe 24 h de garde à vue », annonce le ministre de la justice.
Me Fahmi vent une seule chose. Quiconque, quel que soit son statut, simple citoyen, politicien et autres, s’estime « lésé, diffamé ou offensé, il n’a qu’à suivre les procédures judiciaires normales connues sous le nom de : « citation directe ». C'est-à-dire qu’il lui faut prendre un haussier de justice, pour invoquer le pourquoi, et suivre les procédures prévues par la loi.
Le garde des sceaux est « carrément contre » la détention des journalistes à la gendarmerie pendant 24 h ou plus ». Pour lui, cela déshonore le pays qui se proclame « pays de démocratie ». Un politicien ou un responsable quelconque ne peut pas en aucun cas, prendre son téléphone et ordonner la gendarmerie ou un commissaire de police d’incarcérer un journaliste par ce qu’il a tenu des propos qui ne lui déplaisent pas.
« Non cette époque est révolue ! », souhaite-t-il avant de conclure que les Comores doivent suivre l’exemple de ce qui se passe dans le monde civilisé. Me Fahmi accède ainsi à une vieille revendication des organisations professionnelles des journalistes qui réclament la dépénalisation des délits de presse.
Ibnou Med Abdou
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