La Gazette

des Comores

Levée d’immunité parlementaire / L’opinion parle d’une démarche purement politicienne

Levée d’immunité parlementaire / L’opinion parle d’une démarche purement politicienne © : HZK-LGDC

La décision de retirer leur immunité parlementaire aux députés Dossar, Mhadji et Djohar est perçue par l'opinion publique comme un abus politique. Rappelons que sur les 4 députés visés, seuls 3 sont concernés. Abou Achirafi lui, s'en sort presque indemne.


Abou Achirafi serait-il intouchable ? Après une deuxième réunion, le Parlement a statué sur les cas des députés Tocha Djohar, Ali Mhadji, Mohamed Dossar et Abou Achirafi. Les trois premiers perdent leur immunité parlementaire. Achirafi, non. Son cas fait vivement réagir. « Je me rappelle le jour où Abou Achirafi a été entendu et placé en détention provisoire avant de bénéficier d’une mesure de libération provisoire. Et aujourd’hui, voire le "bureau" l’épargner, ça me désole vraiment », regrette Mohamed Ibrahim, un enseignant au Lycée de Moroni. Ce dernier parle de manœuvres politiques pour supprimer l’opposition de l’échiquier politique.

 

Le député Mohamed Msaidie dit lui, ne pas comprendre cette précipitation du gouvernement à lever l’immunité des trois députés. Il regrette que le Procès-verbal de la première convocation du bureau de l’Assemblée n'ait pas été pas sorti. « Ce qui a été fait mercredi, c’est de la pure politique. Comment comprendre que deux députés se réunissent et statuent à eux seuls sur une question comme celle-ci ? A la limite, ils devraient attendre l’arrivée des autres membres du bureau ou bien porter le dossier à l’hémicycle », ajoute-t-il.

 

Sur le cas d'Abou Achirafi, qui a été exclu de la liste, le député de Moroni Sud semble tomber des nus. «S’il y a une personne qui doit être entendue dans cette affaire dite de citoyenneté économique, c'est bien Abou Achirafi car c’est lui qui signait les passeports. Mais on a compris qu’il a monnayé sa personnalité ». Pour Mohamed Msaidie, les élus de la Nation sont en danger. « Si deux députés se réunissent et décident du sort des autres, c’est fini pour nous », lâche-t-il.

 

Tout aussi consterné, le secrétaire général de la Confédération des Travailleurs Comoriens, Salim Soulaimane, se dit atterré par la tournure que prend cette affaire. « La procédure a été rejetée par les membres du bureau la semaine dernière. Après la nouvelle requête du parquet de la République, je m’attendais à ce que l’affaire soit portée à l’hémicycle et non voire deux personnes se réunir et statuer. C’est une violation flagrante des principes élémentaires de la démocratie », s'insurge Salim Soulaimane. Une brèche ouverte par les parlementaires selon lui. « C’est une procédure taillée sur mesure. Ce qui vient de se produire aujourd’hui laisse le Parlement avec un avenir sombre et c’est vraiment inquiétant...». Par cette énième dérive des autorités de l’Etat, les Comoriens doutent d’une sortie de crise. Après la Cour constitutionnelle, on se dirige vers la disparition de l’Assemblée Nationale.

 

Mohamed Youssouf

 

 


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