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des Comores

Les hautes autorités de l’Etat doivent aussi faire des sacrifices

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Les hautes autorités de l’Etat doivent aussi faire des sacrifices © : HZK-LGDC

Le chef de l’État devrait penser à modifier l’ordonnance signée par son prédécesseur portant sur la rémunération des plus hautes autorités de l’Etat. Une rémunération exorbitante qui revient excessivement chère dans un pays où le revenu moyen est de près 25.000 fc selon des données des institutions de Breton Woods.


La superstructure coûte déjà chère à l'État et l’ordonnance « sucrée » signée par l'ancien président Ikililou Dhoinine portant rémunération des autorités en remet une couche. Dans un pays régulièrement touché par la récession et où le revenu moyen est de 70 dollars soit près de 25.000 fc par mois, à en croire des données publiées en 2012 par la Banque Mondiale, le gouvernement doit se serrer la ceinture.

Des mesures d'austérité qui s'imposent et qui devront surtout commencer par la réduction du train de vie du gouvernement et des autres institutions étatiques. Le chef de l'État doit donc toucher son portefeuille mais surtout ceux de ses vice-présidents, ses ministres et les gouverneurs, en révisant les privilèges accordés aux autorités aussi bien du pouvoir central que des exécutifs insulaires.

Que coûtent réellement nos autorités à partir de cette fameuse ordonnance signée au tout début du quinquennat d'Ikililou Dhoinine ?

D'abord les gouverneurs et les vice-présidents consomment à eux seuls 2,9 milliards annuels, presque le double de la masse salariale mensuelle des agents de l'État qui serait de l'ordre de 2,4 milliards fc. A raison de 1,3 milliard fc par an pour les trois gouverneurs, l’ordonnance accorde 1,8 milliards fc annuels aux trois vice-présidents.

Le calcul est simple pour un vice-président, l’ordonnance présidentielle fixe le salaire brut mensuel à 1,6 million fc, auquel s’ajoute 1 millions fc de fonds spéciaux. Il fixe les frais de mission au niveau international à 450 000 fc par jour et au niveau local 100 000 fc. Faites vous-même le calcul.

Tout comme les gouverneurs qui perçoivent chacun 2,5 millions fc de rémunération brute, ajouté 2 millions fc de fonds spéciaux. Quant aux frais de mission au niveau international, le barème est fixé à 500.000 fc par jour pour l’extérieur, et au niveau local à 150.000 fc par jour. Et cela sans tenir compte des 7 millions fc de budget de fonctionnement accordé par l'ancien président aux gouverneurs, une somme qui ne figure nulle part dans l’ordonnance.

Et que dire des autres avantages en nature, tels que les tickets d’essence, les quotas téléphoniques, etc… dans un pays classé parmi les plus pauvres du monde ?

On vous épargne des chiffres des rémunérations et autres avantages des ministres et des commissaires insulaires ainsi que les cabinets des gouverneurs des îles qui avoisinent une demi dizaine de milliards de nos francs, pour voir qu'à ce rythme l'État part sûrement à la banqueroute.  

Le nouveau président de la république doit agir vite, car il ne pas continuer à exiger aux citoyens des sacrifices pendant que les hautes autorités de l’Etat de leur coté entretiennent une superstructure de plus en plus budgétivore par ces temps de crises financières et économiques.

Dans cette situation, le nouveau pouvoir se doit de prendre l'exemple du Burkina Faso où le gouvernement de Roch March Christian Kaboré a travaillé trois mois durant sans salaire. Des mesures dictées par la situation d'un pays sorti d'une longue crise politique. Est-ce trop demandé ? 

Maoulida Mbaé

   

 

       


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