Abdallah Mohamed, a été nommé administrateur provisoire de l’île autonome d’Anjouan par un décret en date du 08 novembre. Le même décret précise qu’il est investi des pouvoirs attachés aux fonctions de gouverneur qui lui sont confiés. Après plusieurs jours d’expectative, le désormais chef de l’île est enfin connu.
C’est désormais officiel. Par un décret du 08 novembre 2018, le président de la république, Azali Assoumani, a nommé provisoirement Abdallah Mohamed, « administrateur provisoire de l’Ile Autonome de Ndzuani ». Ce qui était un secret de polichinelle est désormais confirmé par le document. Le même article dispose même que « l’administrateur provisoire de l’île autonome de Ndzuani est investi des pouvoirs attachés aux fonctions de gouverneur qui lui sont confiés ». On y lit aussi que la Cour suprême a été consultée.
Cette nomination vient clore un épisode. Depuis plusieurs jours, l’on savait qu’Abdallah Mohamed serait à la tête de l’île d’Anjouan, le doute persistait sur la fonction qu’il occuperait. Administrateur, gouverneur par intérim ? Hier encore, une source affirmait que l’arrêté du gouverneur Salami en date du 20 octobre portant nomination du secrétaire général du gouvernorat aurait été invalidé par la Cour suprême. Dans ce document, l’élu d’Anjouan n’avait pas fait mention de la constitution révisée (il ne la reconnaît toujours pas).
Toujours est-il que Abdallah Mohamed n’est pas un inconnu pour le gouverneur Abdou Salami Abdou. Loin de là. Il l’avait même nommé au poste de secrétaire général du gouvernorat l’année dernière, avant de procéder à un remaniement le 20 octobre dernier, quelques heures sans doute avant son arrestation. Abdallah Mohamed fut nommé directeur de cabinet. Il a été remplacé par Mohamed Soilihy, voulant s’assurer que l’exécutif de l’île d’Anjouan serait « entre de bonnes mains » en cas d’empêchement définitif. Abdallah Mohamed n’est pas du Juwa, Mohamed Soalihy si, et plutôt de la frange dure. Force est de constater que le plan du gouverneur élu a été sérieusement mis à mal.
Dans le décret portant nomination de Abdallah Mohamed en tant qu’administrateur de l’île, il est précisé que « eu égard aux mesures judiciaires dont sont l’objet Messieurs Abdou Salami Abdou et Mohamed Soilihi Boina, respectivement Gouverneur de l’Ile Autonome de Ndzuani et secrétaire général de ladite île, sont actuellement dans l’impossibilité d’exercer leurs fonctions respectives ».
Si le gouverneur d’Anjouan est inculpé pour « pour atteinte à l’unité nationale, participation à un mouvement insurrectionnel, complicité de meurtre, rébellion, port illégal d’arme et trouble à la sécurité publique », depuis le 25 octobre dernier, son secrétaire général, Mohamed Soilihi Boina est, lui, placé « sous contrôle judiciaire avec notamment interdiction de se rendre au gouvernorat ».
Pour rappel, Abdallah Mohamed fait partie des signataires du protocole d’accord du 19 octobre 2018, il avait signé pour la délégation du Gouvernorat de Ndzuani. Celui-là même qui promettait l’impunité « à toute personne civile qui remettrait son arme aux autorités militaires ». Près de 3 semaines après sa signature, moins de 20 armes ont été retrouvées à Anjouan. L’insurrection qui a opposé civils armés et militaires dans la médina de Mutsamudu, a officiellement fait 3 morts et plusieurs blessés. Plusieurs insurgés se trouvent à Mayotte, selon le ministre de l’intérieur français, Christophe Castaner.
Faïza Soulé Youssouf
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