La Gazette

des Comores

Le Front commun interpelle l’UA et accuse Azali d’avoir « capitulé »

Le Front commun interpelle l’UA et accuse Azali d’avoir « capitulé » © : HZK-LGDC

Dans un courrier en date du 10 mai dernier, la branche internationale du Front commun, plateforme qui réunit l’essentiel de l’opposition, tire à boulets rouges sur le chef de l’État Azali Assoumani qui a « capitulé » devant la France au sujet de l’opération Wuambushu menée à Mayotte. Une copie de la même correspondance est envoyée à la Commission de l’Union Africaine, avec en pièce-jointe un exposé de motifs empli de véhémence mais aussi de propositions.


L’opposition nationale ne rate pas une seule occasion pour mettre en charpie la politique d’Azali Assoumani, président des Comores hissé à la tête de l’Union africaine au mois de février de cette année. Fait rarissime, c’est la branche internationale qui est cette fois montée au créneau. Le sujet abordé est un sujet d’actualité puisqu’il s’agit de Wuambushu, du nom de cette opération d’expulsions massives des Comoriens de Mayotte que la France, puissance occupante de l’île, considère comme étant en situation irrégulière et présentant, il est vrai pour certains, une menace sécuritaire aussi bien du côté de Mayotte que des trois îles indépendantes.

 

Les auteurs de la missive voient de cette opération la conséquence de la Convention que le gouvernement comorien a signée en juillet 2019 avec le gouvernement français. « Par la force des choses et le soutien de cette France qui privilégie évidemment ses intérêts face à un État insulaire vulnérable, au détriment de la morale et du droit international, vous occupez aujourd’hui la fonction de président de l’Union Africaine en leur nom dont le premier rôle est la défense de la souveraineté, de l’intégrité́ territoriale et l’indépendance de ses État membres ainsi que la promotion de la paix, de la sécurité́ et de la stabilité », devaient-ils écrire à celui qui est hissé à la tête de l’organisation panafricaine en début d’année, grâce notamment au soutien de la France selon les informations  du quotidien Le Monde. 

 

Comme si la lettre envoyée à Azali Assoumani ne suffisait pas, la branche internationale du Front commun s’est aussi tournée vers l’Union africaine pour se faire entendre. Les auteurs affirment auprès de Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’Union africaine, que « notre pays traverse des turbulences sans précèdent dans sa politique intérieure et plus particulièrement, dans ses relations avec la France », non sans aborder longuement le cas Wuambushu. Critiquer est souhaitable mais il faut aussi proposer des solutions. Si ce principe est rarement observé du côté de l’opposition à Moroni, sa branche internationale, dirigée par Mohamed Chaher Said Massonde, s’en distingue.

 

Elle propose en effet le refus par un acte juridique et règlementaire officiel toute sorte de refoulement des Comoriens de l’île comorienne de Mayotte ; la renégociation de tout accord de partenariat entre la France et l’Union des Comores sur la base du respect réciproque de la souveraineté́ nationale, nonobstant le contentieux entre les deux pays au sujet de l’intégrité́ territoriale ; la réactivation du Comité Ad Hoc des sept de l’UA sur la question de l’île comorienne de Mayotte entre autres propositions soumises à Azali Assoumani, que les auteurs accuse sans ambages d’avoir « à nouveau capitulé » devant la France, en laissant les Comoriens de Mayotte se faire « refouler comme des malpropres », cela « alors que les Comoriens toutes tendances confondues croyaient que ce prestigieux poste [à la tête de l’Union africaine] était une formidable opportunité́ pour mieux défendre l’intérêt supérieur de leur Nation ».

 

TM

 

 


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