Le conseil national de transition qui réunit essentiellement les candidats malheureux à la présidentielle de mars 2019 appelle le grand mufti à faire se ressaisir le chef de l’État. En effet ces derniers temps Azali Assoumani se démarque par des propos pour le moins inquiétants.
Le Cnt a convié la presse hier mercredi à Voidjou pour lui faire part de sa rencontre à la veille du scrutin avec la mission de l’Union Africaine pour l’observation électorale, entre autres sujets. Cette rencontre a été conduite par Mouigni Baraka Saïd Soilihi, président du Cnt qui a présenté un document sur la situation sociopolitique au chef de mission, en l’occurrence l’ancien premier ministre et ancien président du sénat de la République du Rwanda, Bernard Makudza.
Ledit document comporte des détails sur « le climat politique contextuel, l’accumulation des actes illégaux et anticonstitutionnels du régime en place, l’échec de la médiation du ministre Ramtame Lamamra du 11 au 16 septembre 2018, les leçons tirées du hold-up électoral du 24 mars 2019… » entre autres points.
A en croire les conférenciers, la Mission a montré que la question des élections présidentielles de 2019 est toujours en étude à l’Union africaine. Une réponse qui semble les réjouir, oubliant peut-être que l’organisation panafricaine a bel et bien pris acte de ces élections quoiqu’au début elle était réticente. « Nous continuerons le combat, jusqu’à obtenir un État de droit et légitime, sur ce la fin n’est pas loin », devrait souligner Mouigni Baraka, président du Cnt, qui accuse en revanche l’UA d’avoir accepté d’observer des élections « jouées en avance ».
Revenant sur les déclarations décapantes du chef de l’État notamment concernant la justification des fraudes électorales par la « volonté divine », le Cnt demande à son président Mouigni Baraka de saisir la Cour suprême au moyen d’une requête « pour une révision du scrutin de 2019 quoique nous savons en avance que la Cour ne va jamais donner suite » selon Me Mahamoudou.
Il y a l’appel du chef de l’État à « décapiter » ceux qui seraient tenté de saboter le processus électoral. Il faut souligner que juste après avoir prononcé ces propos, le chef de l’État y est revenu quitte à demander à l’Ortc de couper ce passage malencontreux. Mais le Cnt ne l’entend pas de cette oreille. « Nous prenons le peuple à témoin. Au cas où un malheur s’abat sur nous, sachons bien que la personne au pouvoir ne fait qu’exécuter ses plans », poursuit Me Mahamoudou, demandant au passage au grand mufti de ramener Azali « à la raison ». Sans surprise le Cnt qualifie les législatives du 19 janvier de mascarade.
Andjouza Abouheir
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