24 heures après l’arrivée d’une mission de l’Union Africaine dans le pays, la plateforme de réflexion conduite par Idrisse Mohamed dit non à « un dialogue de sourd, pour un nouveau départ ». Face à une opposition qui a rejeté la main tendue, le mouvement Ukombozi mise plus sur une organisation dite patriotique.
Devant la presse mardi 14 septembre dernier, le président de la plateforme Ukombozi, Idrisse Mohamed est revenu sur la question du dialogue lancé par le chef de l’Etat dans son appel à la paix pour des élections présidentielle apaisées en 2024. Ce dernier parle d’un dialogue de sourd, pour un nouveau départ. Revenant sur la situation actuelle, le conférencier reproche au président Azali d’avoir plongé le pays dans une crise économique, politique et institutionnelle sans précédent.
« Après avoir réussi à dévoyer les assises nationales et à organiser les siennes en février 2018, Azali se croit libre d’agir à sa guise, dit-il. Ce dernier a énuméré plusieurs faits dont la dissolution « arrogante » de la Cour Constitutionnelle, le référendum « frauduleux pour valider sa nouvelle constitution présentée comme une simple adaptation de l’ancienne dont il a sapé les bases », la suppression de la tournante. « Son but ultime est la pérennisation de son pouvoir, mieux ou pire créer une dynastie comme à l’époque des royautés », avance-t-il. Idriss Mohamed se demande si Azali ne place-t-il pas ses fils dans l’optique de sa succession, après son couronnement consacré par les présidentielles de 2019.
Il a ensuite déploré la mauvaise posture de l’opposition face à cette main tendue pour espérer l’impossible. «Quant à l’opposition qui conteste sa légitimité, refusant qu’il prenne part au dialogue avec le titre de président de la République, ne cherche de son côté qu’à s’appuyer sur la communauté internationale pour le remplacer. Il est clair qu’il n’y a pas de terrain d’entente possible », explique le conférencier
Lors de ce face à face avec la presse, l’ancien président du Comité Maoré est revenu sur les derniers évènements du Mouvement Mabedja. Selon Ukombozi, le chef de l’Etat est « sourd aux souffrances du peuple n’en a cure, il poursuit son bonhomme de chemin vers un pouvoir absolu » et d’ajouter : « Azali pense pouvoir piéger l’opposition et renforcer sa mainmise sur le pouvoir en lui donnant un semblant de légitimité africaine, voire internationale. Mais il se trompe lourdement. Il prend les dirigeants africains pour des zombies accourant aveuglement à son secours. Car en limitant sa proposition de dialogue à la seule organisation des élections de 2024, il affiche sans fard ses desseins. Son problème, ce n’est pas la crise, ce n’est pas l’aggravation insupportable des conditions de vie des Comoriens mais son pouvoir ».
Andjouza Abouheir
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