Le parti au pouvoir, accusé de vouloir rameuter les partis de la Mouvance autour d’un parti unique, tente d’éteindre le feu des polémiques surtout après les déclarations des partis Orange et FNJ, qui rejettent toute idée de fusion avec la CRC.
Dans un entretien accordé à La Gazette des Comores en début de semaine, le secrétaire général de la CRC a préféré jouer la carte de l’apaisement. Ce n’est pas fortuit pour cet homme va-t-en-guerre puisque les formations politiques de la Mouvance présidentielle, notamment Orange et FNJ, sont vent debout contre son appel à faire de la CRC « un parti unique ». Même si, précisons-le, l’homme fort de la CRC regrette une « déformation » des propos qui lui sont prêtés.
« D’abord, je n’ai jamais prêché pour un parti unique. J’ai tout simplement invité celles et ceux qui le souhaiteraient, à rejoindre la CRC car nous sommes ouverts », tenait-il à mettre les points sur les i, avant d’enchaîner : « nous ne sommes pas contre le multipartisme. Au contraire, notre culture démocratique nous oblige à en être favorable ». Après ces affirmations, nous avons, à juste titre, demandé à Youssoufa Mohamed Ali pourquoi le pouvoir a forcé la main au parti Radhi de Houmed Msaidié, de retirer son candidat de la course aux législatives de Moroni nord. Notre interlocuteur n’a pas souhaité y répondre.
Ce n’est pas la seule question qu’il aura botté en touche pendant cet entretien qui a duré une petite dizaine de minutes. Ce premier collaborateur du chef de l’État jure par tous les saints que le pouvoir « n’a aucun problème avec le parti Orange ». Pas très convaincant puisque le porte-parole de cette formation politique est démis de ses fonctions de délégué à l’éducation de Ngazidja après avoir déclaré, dans les colonnes de La Gazette des Comores, que son parti n’était pas prêt à fusionner avec la CRC. « S’il est démis de ses fonctions, c’est Farouata (la gouverneure de Ngazidja, Ndlr) qui peut vous dire le pourquoi. Mais ce que je peux vous assurer, à notre niveau nous n’avons exercé aucune pression ».
Encore faut-il rappeler que les tensions entre les deux partis ne datent pas d’aujourd’hui. En janvier, pendant les législatives, les déclarations du parti au pouvoir ont été l’on ne peut plus inamicales à l’encontre de son allié. C’était, selon les observateurs, les prémices d’une rupture. « Il n’y avait rien d’anormal. Ils avaient des candidats, autant que nous. Alors si quelques pics ont fusé ici et là, cela ne veut pas dire que nous sommes en mésentente. En réalité c’est vous qui voulez créer des problèmes », clame un peu remonté notre interlocuteur.
Autre sujet abordé, en non des moindres, l’affaire Mouigni Baraka qui a pris la poudre d’escampette depuis le 6 juillet à bord d’une ambulance de l’hôpital de Mbeni. Pourquoi l’armée est restée 72h à Ntsudjini alors que leur principale cible avait bel et bien décampé ? Chargé de la Défense, Youssoufa Mohamed Ali dément notre information selon laquelle l’armée a été informée le jour-même de cette fuite. Pour ce qui est de l’usage de la force jugé excessif, il réfute ce constat car « il n’y a eu ni mort ni blessé ». « Les militaires qui faisaient des patrouilles régulières ont été violemment pris à partie par des jeunes qui leur lançaient des projectiles. Ces jeunes étaient munis d’armes blanches. Mais ça, vous les médias, vous ne l’évoquerez jamais. Vous ne chercherez non plus à connaître leur commanditaire ».
Le patron de la Défense nationale sous-entend que le commanditaire n’est autre que Mouigni Baraka. Justement, où est-il, le président du Conseil national de transition ? Jusqu’à ce lundi jour de notre entretien, le directeur de cabinet du chef de l’État n’avait « aucune information » sur son lieu de refuge. Des rumeurs circulent sur une possible défection à la Campagnard, ancien numéro 1 du CNT qui a jeté l’éponge et reconnu Azali, après un bref séjour à la gendarmerie en avril de l’année dernière. Le pouvoir serait-il prêt à accepter le mea-culpa de l’ancien gouverneur de Ngazidja ?
« Je ne veux pas aller plus vite que la musique. Donnons du temps au temps ». Ainsi a pris fin notre entretien avec le directeur de cabinet du chef de l’État et non moins secrétaire général de la CRC. Pour mémoire, l’opposition, à la tête de laquelle Mouigni Baraka, avait choisi Ntsudjini pour célébrer le 6 juillet, la fête nationale des Comores. La célébration a été interdite par la préfecture d’Itsandra. Le procureur de la République avait annoncé avoir eu des renseignements sur des opposants qui auraient voulu fomenter des troubles ce 6 juillet.
TM
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