Abdel Kader Charcane alias Kader était le seul candidat d’opposition aux dernières élections législatives à Anjouan. Ce dernier estime que le quotidien de tout acteur et citoyen lambda est hypothéqué par le régime en place. Interview.
Question : Quelle est la situation du parti Juwa en cette période de crise sanitaire mondiale?
Abdel Kader Charcane : Je ne suis pas militant du Parti Juwa. Je soutiens certaines idées politiques du Président Sambi pour le développement du pays, un homme que je respecte beaucoup ainsi que son poulain le docteur Abdou Salami Abdou, gouverneur légal et légitime d'Anjouan de 2016 à 2021, avec qui j’ai travaillé à l’époque du Président Moussa Toybou en 2008. Deux hommes honnêtes, de confiance et très généreux ! Même si je ne suis pas militant du parti JUWA, mais le quotidien de tout acteur politique et citoyen lambda est hypothéqué par le pouvoir en place pour des fins individuelles. Sans ignorer la présence de la pandémie, les manipulations et les contre vérités dépassent la réalité. Je vis sur cette terre comorienne et je côtoie au quotidien chaque catégorie d'hommes et les plaintes pour la pandémie du covid-19 sont les mêmes: elle est venue accentuer une crise qui existait déjà dans ce pays dans tous les domaines. Le quotidien de l'anjouanais est devenu plus qu'un challenge. Les gens pensent toute la journée sur le comment se nourrir ainsi que sa famille car les denrées alimentaires à l'exception du riz ont connu une flambée des prix et pourtant la majorité des comoriens sont au chômage et n'arrivent même pas à gagner 500 fc par jour, les quelques fonctionnaires sont mal payés à cause d'une base indiciaire des années coloniales !
Question : Une partie des comoriens accuse le régime de violer la liberté d'expression. Est-ce votre avis aussi ?
A.C. : Oui, le régime viole les libertés. C'est pourquoi on le qualifie de dictature car il a bafoué des droits élémentaires comme celui de manifester, ou le délai légal de détention pour ne citer que ceux là. Le pouvoir exécutif détient les commandes de tous les autres pouvoirs, alors que dans un Etat dit démocratique, les choses ne devraient pas aller ainsi.
Question : Bambao Mtsanga a connu des élections de Maires frauduleuses et annulées par la cour suprême. Qu’en pensez-vous ?
A.C: Le président Azali aime passer tout son mandat à faire des élections. N'oubliez pas que la première constitution du nouvel ensemble comorien était conçue sur des échéances électorales. Donc depuis son retour en 2016, il s'est encore inspiré de ce modèle pour les assises, le référendum, les présidentielles, les législatives et les municipales. Mais toutes ces élections sont faites dans l'humiliation totale du peuple car ce ne sont que des mascarades avec des résultats connus d'avance. Donc, qu’il refasse mille fois ces élections, les résultats seront les mêmes.
Question : Salami est détenu « illégalement » depuis 2018. Que dites-vous ?
A.C. : Le gouverneur légal et légitime de l'Ile autonome d'Anjouan de 2016 à 2021 est déposé par le pouvoir central sans raison. Aux Comores il n'y a ni droits de l'homme ni libertés. En effet, étant le premier magistrat de l'Ile, il a le droit de circuler, de réunir les anjouanais, de les soutenir et les accompagner dans toutes les activités de développement économiques, social et politique. Les deux premières activités ne sont pas indexées ni mal jugées mais tout ce qui touche à la politique est immédiatement réprimé même si c'est le gouverneur élu et légal qui le fait. Donc le gouverneur est piégé pour être déposé et emprisonné illégalement et toutes les opérations sont commanditées et préméditées sans preuves. Et aujourd'hui, les pouvoirs judiciaire et législatif sont complices car les uns comme les autres exécutent les ordres qui leur sont dictés par le pouvoir exécutif, car les délits comme toutes les procédures judiciaires de notre pays sont hors délais et les autres se taisent par complicité tacite.
Question : Comment analysez vous la gouvernance d'Anissi Chamsidine ?
A.C. : Avec Anissi Chamoussidine, Anjouan va beaucoup sombrer ! L’ancien gouverneur Abdou Salami Abdou se battait pour une vraie autonomie, et le voilà coffré ! Mais avec Anissi, c'est tuer les tous et vivre seul. Tu sais que ma propre sœur qui répond au nom de Niswati Nassur, institutrice à Bambao M'tsanga s'est vu suspendre le salaire de Janvier tout simplement parce que les partisans du pouvoir l'ont désigné et mise sur une liste parce qu'elle est ma sœur ? Alors avec lui, on n’attend rien à part les humiliations et les maltraitances.
Question : Que pensez-vous de 2021 ?
AC : 2021 et moi, c'est comme une obsession. Moi, je suis de ceux qui croient et qui attendent pour ce 2021. Je serais parmi les personnes qui revendiqueront 2021 d’une manière pacifique. Lors de mes 05 interpellations et présentations devant le Procureur, ils m'ont dit pourquoi vous voulez utiliser la violence pour le pouvoir alors qu'il y aura bien des élections ? C'est dommage car toutes ces interpellations étaient gratuites et je n'étais concerné sur aucun des faits qui m'étaient reprochés. J'ai eu à soutenir Maitre Mahamoud Ahamada car je pensais à 2021 et j'étais sûr de l'emporter pacifiquement car il nous avait promis de mettre fin à son mandat en 2021 et c'était le sentiment de la majorité des anjouanais qui voulaient voter pour lui sauf que les élections ne se sont pas déroulées dans la transparence. Alors le combat continue pour défendre 2021.
Propos recueillis par NJ
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