Sept juges reprochés de « dysfonctionnement grave » sont suspendus de leurs fonctions à Anjouan. Deux autres, dont le procureur général sur l’île, sont aussi suspendus « dans le besoin de l’enquête » sur le lynchage public du présumé meurtrier Brando, massacré le 12 juillet dernier à Mutsamudu.
Dans l’affaire Brando, le ministre de la justice Fahmi Said Ibrahim a annoncé avoir ordonné l’ouverture d’une information. C’est dans ce cadre qu’il justifie la « suspension administrative » du procureur général de la cour d’appel d’Anjouan et le juge en charge dudit dossier. « Dans le besoin de l’enquête administrative, nous avons jugé nécessaire de les suspendre de leurs fonctions en attendant de définir les responsabilités », s’est justifié le ministre au cours d’une conférence de presse tenue dans son bureau, ce lundi.
Sept autres juges sont aussi emportés par la vague de suspension. Le motif : les inspections régionales et nationales ont relevé des « dysfonctionnements graves » ces dernières années qui, « on se demande si cela ne serait pas la cause de la méfiance du peuple vis-à-vis de la justice », selon le ministre qui rétorque que même si c’était le cas, ça ne justifie aucunement la justice populaire que rien ne justifie d’ailleurs. Le ministre dit avoir en sa possession des rapports « sur lesquels je me suis appuyé pour prendre la décision de [les] suspendre ».
Fahmi Said Ibrahim qui a donné quelques détails sur les dysfonctionnements dont pourraient être responsables les sept juges, fait savoir que d’autres nominations pourraient avoir lieu incessamment. Le climat de méfiance qui règne à Anjouan a rappelé le garde des sceaux à assurer de prendre le problème à bras-le-corps afin de redorer l’image du pays essentiellement en matière de justice.
Un deuxième point abordé au cours de la conférence, le Hedj 2016. Préférant laisser les détails de ce sujet à la commission concernée, le ministre des affaires islamiques a quand même adressé un message aux agences de voyage. Pour lui, l’Etat ne peut ne pas s’ingérer dans l’organisation du pèlerinage étant donné que c’est une « question religieuse, donc nationale » et d’un intérêt général. Les détails seront fournis par ladite commission devant la presse aujourd’hui.
Toufé Maecha
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