2 ans, jour pour jour, depuis qu’il est privé de sa liberté sans le moindre jugement. Un élan de solidarité sans aucune couleur politique est né autour de la demande de son jugement.
Il y’a exactement deux années, l’ancien chef d’État Ahmed Abdallah Sambi est privé de sa liberté. D’abord par le ministère de l’intérieur qui, par une simple note du secrétaire général, a placé l’opposant politique en résidence surveillée pour « troubles à l’ordre public ». Rentré de France quelques semaines plus tôt, Sambi s’était opposé publiquement à la réforme constitutionnelle en cours, qui devrait permettre au président qu’il avait fait élire en 2016 de prolonger son mandat.
Trois mois après son placement en résidence surveillée, le 20 août, Sambi est entendu par le juge d’instruction dans le cadre du dossier de la citoyenneté économique dont il est le principal artisan. Il est placé en mandat de dépôt le même jour dans sa résidence de Voidjou, transformé désormais en prison annexe. Il est accusé de détournement de deniers publics, faux et usage de faux et forfaiture.
Au fil du temps, l’état de santé du sexagénaire se détériore et nécessite des soins. C’est son avocat Me Mahamoudou qui l’annonce en premier. Cette sortie médiatique est perçue par le régime comme une incitation à la rébellion, balayant d’un revers de main les affirmations de celui qui a échappera de justesse à une radiation du barreau de Moroni où il exerce.
Mais quelques mois plus tard la ténacité de l’avocat a eu raison du déni des autorités. Le gouvernement reconnaît enfin la nécessité d’une évacuation sanitaire de l’homme au turban. Les tractations étaient en cours concernant son pays d’accueil que le parquet de la République a pris l’opinion de court en annonçant l’imminence du jugement.
Me Mahamoudou était méfiant. Le procès annoncé n’était à ses yeux qu’une « diversion » pour faire oublier à l’opinion nationale et internationale l’état de santé de Sambi. La crise du coronavirus a tapé l’incruste, et rien de tout ça, ni l’évacuation ni le jugement n’est d’actualité.
Ses proches ravivent la flamme en inondant la toile avec des pancartes à la mention « Libérez Sambi ». D’autres, qui n’ont aucun lien idéologique avec l’ancien raïs, rejoignent le mouvement pour demander son jugement ainsi que celui de l’ancien gouverneur d’Anjouan Salami, écroué lui aussi depuis octobre 2018. Il avait tenté d’organiser à Mutsamudu une manifestation géante contre la réforme constitutionnelle.
A.O.Yazid
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