La journée Maore a été célébrée hier dimanche, sans grand enthousiasme, contrairement aux précédentes éditions. Si dans la forme, on affiche peu d'engouement, le fond reste sensiblement le même à savoir la réclamation de l'ile de Mayotte, sous occupation française.
C'est dans un amphithéâtre clairsemé du Palais du peuple que s'est déroulée la journée Maore. Déclarée chômée et payée par le gouvernement comorien, elle est instituée par l'État en mémoire du 12 novembre, date marquant l'admission des Comores au sein du concert des Nations Unies.
Dans son allocution, le vice-président de l'Assemblée nationale, Maoulana Charif a rendu hommage au Comité Maore, « maître d’œuvre » de l’événement ainsi qu’à la délégation de «nos compatriotes mahorais ici présents qui ont fait de ce combat de libération nationale, une priorité, presqu'une passion en prenant souvent des risques considérables parfois même au péril de leur vie », a-t-il déclaré.
« Cette journée, au delà de sa dimension commémorative, incarne la détermination de la volonté de tout un peuple et de ses dirigeants. La volonté de parachever notre indépendance par la reconquête de notre souveraineté sur l'île comorienne occupée par l'ancienne puissance colonisatrice », a-t-il poursuivi.
Pour le vice-président de l'Assemblée, les Comores ne pouvaient pas continuer de traiter, dit-il, la question mahoraise sous le manteau et continuer de compter aux yeux du monde, le nombre de ses morts et disparus dans le bras de mer séparant Anjouan de Mayotte. « Il faut mettre un terme à cette comptabilité macabre qui heurte la conscience, le droit et les libertés humaines les plus fondamentales », a-t-il indiqué.
Même réaction pour Hamidou Karihila, secrétaire d'État en charge du monde Arabe pour qui l'unité des partis, de la société civile et tout un peuple est importante dans la lutte du retour de Mayotte dans son giron naturel. Le représentant du gouvernement à cette cérémonie évoque les initiatives présentées récemment par le président de la République à la tribune des Nations Unies.
Mme Faouzia, issue de la délégation de Mayotte au sein du Comité Maore, appelle à la mobilisation de la femme pour la libération de l'île; elle déplore au passage les morts, dans le bras de mer entre Anjouan et Mayotte.
Un drame que déplore Abdoulkarim Youssouf, secrétaire général de l'association Ngo'shawo, qui dénonce l'immobilisme: « Nous le savons tous, la France piétine le droit international et son droit de veto au conseil de sécurité de l'Onu réduit la marge de manœuvre. Mais cette réalité ne doit pas déresponsabiliser la partie comorienne (…) nos autorités et notre peuple n'ont que trop peu agi », a déclaré M. Youssouf pour qui il faut briser le cercle de la haine et de la violence verbale.
Faouzi Ahmada, président du Comité Maore, appelle à un sursaut national: «Poursuivre la lutte pour l'émancipation totale de notre pays et de notre peuple est un devoir noble pour chacun d'entre nous et pour nous tous ! Le pays dans son ensemble doit s'unir pour la cause de l'intégrité territoriale en dehors de toute considération, pour la restitution de notre territoire de Mayotte », fait-il observer.
La cérémonie a été l'occasion de rencontrer les nouveaux visages du Comité Maore, qui compte un jeune à sa présidence. Malgré une faible mobilisation de la population pour cette 12ème édition, la cérémonie a été riche de par les diverses interventions, et surtout la présentation d'un extrait d'une pièce de théâtre qui a été présentée le soir au Centre culturel Mavuna.
Maoulida Mbaé
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