La Gazette

des Comores

Interview « Le Radhi soutient Mhoudine Sitti Farouata et non Aboudou Soefo »

Interview « Le Radhi soutient Mhoudine Sitti Farouata et non Aboudou Soefo » © : HZK-LGDC

Dans une interview accordée à La Gazette des Comores ce 19 janvier, le leader du Radhi est revenu sur les derniers événements qui ont secoué l’Alliance de la Mouvance Présidentielle. Houmed Msaidie dit ne pas être déçu par le choix du président de la république qui a opté pour la commissaire au genre. Celle-ci a été investie pour briguer le gouvernorat de Ngazidja. « Je ne lâcherai pas le président et le Radhi soutiendra tous les candidats retenus par la Mouvance présidentielle.


Vous n’avez pas été désigné pour porter les couleurs de la mouvance ; c’est le président qui a choisi les candidats aux gubernatoriales, n’avez-vous pas le sentiment d’avoir été trahi par celui-ci ?

 

Houmed Msaidie : Absolument pas. Le Radhi depuis longtemps s’inscrit dans une démarche de la mouvance présidentielle. Celle-ci avait fixé des règles qui ont été strictement respectées, et la décision qui a été prise est conforme à la manière dont nous nous sommes mis d’accord pour la désignation des candidats.

 

N’est ce pas anti démocratique d’avoir fait l’impasse sur une élection primaire dans une coalition regroupant autant de partis ?

 

H.M. : Il y a eu un choix en deux temps. Le premier consistait à permettre à toutes les composantes de la mouvance de présenter leurs candidatures et il y en a eu 8 au départ.  Ensuite, nous nous sommes mis d’accord pour ne retenir que 3 choix et les présenter au président de la république. Celui-ci a par la suite tranché.

 

Etait-ce démocratique que le président justement soit celui qui a tranché pour les candidats retenus pour les échéances gubernatoriales ?

 

H.M : On lui a donné cette opportunité en dernier ressort. Et il a partagé ce choix avec moi.  Pour ce qui est de la candidature de la commissaire au genre, Mhoudine Sitti Farouata, je n’ai opposé aucune résistance. Je vais, à ce propos, vous faire une confidence. Il y a 4 mois, en tant que secrétaire général du Radhi  j’avais moi-même contacté quelques femmes leaders afin de briguer le poste dont il est question ici. Donc la décision du président, répond à une démarche que j’avais déjà entamée au départ. Respecter le genre m’importe beaucoup. Et d’ailleurs dans les statuts du parti Radhi, entre autres missions du secrétaire générale, figure celle de la promotion du genre.

 

Votre ami intime, Aboudou Soefo, éminent membre fondateur du Radhi est en campagne depuis quelques mois pour l’élection gubernatoriale de Ngazidja. Allez-vous soutenir Mhoudine Sitti Farouata à son détriment ?

 

H.M : Aboudou Soefo m’a clairement indiqué que sa candidature ne pouvait pas être soumise ni à une primaire au sein du Radhi, encore moins à une primaire au sein de la mouvance présidentielle. Le Radhi a opté pour le regroupement, ce qu’Aboudou Soefo refuse. Il nous a par ailleurs envoyé un émissaire pour nous informer qu’il était un candidat indépendant, tout en restant membre de la formation politique. Le secrétariat national a annoncé ce 19 janvier, que le Radhi soutiendrait tous les candidats investis par la mouvance présidentielle.

 

Ne prenez-vous pas le risque de voir une implosion du Radhi ou à tout le moins de voir les militants pencher pour Aboudou Soefo, vu que vous-même n’avez pas été investi?

 

H.M : Je vous dis que le parti a décidé de soutenir les candidats de la Mouvance un point un trait ! Maintenant s’il est candidat, c’est parce qu’il a usé du principe constitutionnel qui veut que c’est un scrutin uninominal. En tant que secrétaire général du Radhi, je veillerai à ce que les militants soutiennent fermement les candidats de la mouvance présidentielle.

 

Votre avenir politique immédiat, comment le percevez-vous ?

 

H.M : Nous nous sommes engagés corps et âme  pour les assises nationales qui se sont tenues l’année dernière. Tout comme ce fut le cas du référendum constitutionnel qui ressort des recommandations des assises. Nous soutenons le président et la politique qu’il a mise en place pour le moment. L’avenir politique de Houmed Msaidie importe peu. Celui-ci a posé des actes très encourageants. Je parle des infrastructures routières, routes nationales comme secondaires. Il y a aussi la construction de l’hôpital, etc. Beaucoup reste à faire comme la réduction du coût de la vie, l’éducation… 

 

« Il y a quelques jours, dans un article publié par La Gazette des Comores, vous vous demandiez si le président avait lâché Houmed Msaidie. Et moi je vous dis, je ne le lâcherai pas parce que nous partageons sa vision. Nous serons de ceux qui feront en sorte que celle-ci devienne une réalité. Que le pays soit émergent à l’horizon 2030 »

 

 Vous soutenez le président pour le moment, qu’est-ce à dire ?

 

H.M : Nous soutenons le président sans ambages, pour le moment,  mais pour que ce soutien soit durable dans le temps, il va falloir avoir le courage de nous dire la vérité en face. Il y a quelques jours, dans un article publié par La Gazette des Comores, vous vous demandiez si le président avait lâché Houmed Msaidie. Et moi je vous dis, je ne le lâcherai pas parce que nous partageons sa vision. Nous serons de ceux qui feront en sorte que celle-ci devienne une réalité. Que le pays soit émergent à l’horizon 2030

 

Le régime est de plus en plus décrié, parfois de l’intérieur où un conseiller du président l’a qualifié de « népotique ».

 

H.M : Nous n’avons pas effectué de sondage, de toutes les façons, le vrai sondage arrive et ce sont les élections. En revanche, je sais que les gens sont parfois choqués par certains comportements mais cela ne veut pas pour autant dire que les comoriens ne sont pas conscients des réalisations que le pouvoir a mises en place. Avec l’ouverture de la campagne électorale, nous aurons le loisir de mieux nous expliquer et je crois que nous allons remporter les élections.

 

Lors de l’entretien que le président a accordé à nos confrères de l’Ortc et d’Al-watwan, répondant à la question concernant « la mauvaise image renvoyée par les réseaux sociaux et ce qu’il fallait faire pour rectifier le tir », il a répondu qu’il fallait réfléchir à la question et a évoqué le cas chinois ou de certains pays européens qui exercent un contrôle strict du réseau Internet. Pensez-vous qu’il est probable que la connexion soit coupée lors de la tenue des élections comme ce fut le cas au Congo dernièrement ?

 

H.M : Je ne pense pas que cela soit envisageable et si c’était le cas, je m’en désolidariserais. Le président a été à l’école de la démocratie, il a toujours su reconnaître une défaite et agit en fonction de ses convictions démocratiques. Il est vrai que les réseaux sociaux sont décriés mais ce n’est pas pour autant qu’ils seront bloqués surtout pas en période électorale. Toujours est-il que j’espère que les prochaines échéances se dérouleront dans la sérénité et dans le respect des dispositions légales. J’espère tout autant que le pays sorte gagnant à l’issue du double scrutin à venir et non pas qu’il plonge dans une crise inutile.

 

Quelle est votre réaction suite à la sortie du président concernant l’assassinat du journaliste saoudien Khashoggi ?

 

H.M : J’affirme clairement et nettement que le président s’indignait justement de cette émotion sélective. Bien évidemment, personne ne peut justifier la mort de quelqu’un dans des conditions aussi atroces, y compris l’Arabie saoudite qui a ouvert une enquête et fait condamner des hauts cadres par rapport à ce qui s’est passé au consulat saoudien en Turquie. Maintenant, le président voulait s’indigner contre cette émotion sélective en disant tous les jours des palestiniens se font tuer sans que cela n’émeuve grand- monde.

 

Partagez-vous ce qu’a dit le président à propos de l’assassinat de Khashoggi ?

 

H.M : J’ai dit que le président condamnait l’indignation sélective. Je m’arrête là.

 

Propos recueillis par Fsy

 


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