Les assises nationales pour les 42 ans d’indépendance ont pris fin lundi dernier. Un rendez-vous marqué par la présence de Philipe Douste Blazy, le secrétaire général adjoint des Nations Unies. Il a trouvé positif d’organiser ces assises nationales en dehors de tout conflit, de crise socio-économique voire militaire.
Question : Comment vous êtes-vous retrouvé présent à ce grand rendez-vous comorien ?
Philipe Doute Blazy : J’ai eu l’occasion de rencontrer à plusieurs reprises le président de l’Union des Comores et il m’a invité à titre personnel. Je suis venu ici, parce que je pense qu’il est plus important de tout faire pour avoir une Union des Comores, d’avoir des assises nationales et je trouve très positif qu’autour de la table, les différentes forces de la société civile, les différentes forces du secteurs publics et du privé se retrouvent. Et donc je suis venu passer 24 heures et repartir.
Question : Dans le bilan des 42 ans d’indépendance, il y a la question de Mayotte. Et vous êtes un ancien ministre des affaires étrangères français. Quel est le lien ?
P.D.B : Nous avons été très heureux de recevoir le chef de l’Etat comorien pour la COP 21. Et les Comores ont vraiment joué un rôle très important comme d’ailleurs beaucoup d’autres îles parce que les îles sont fondamentales. Puis l’autre jour au One Planet Sommet organisé par le président Macron mais également l’ONU et la Banque Mondiale, le président de l’Union des Comores était là. Donc c’est tout à fait normal que je sois là à titre personnel pour saluer ce dialogue national qui, en définitif, est très important parce que c’est un dialogue. Et encore une fois, je pense que la seule solution en politique est le dialogue. J’ai toujours cru à la politique et la diplomatie et je n’ai jamais cru au discours de haine.
Question : Le fait de participer à ces assises ne donne pas une certaine visibilité internationale à l’évènement ?
P.D.B : L’objectif est d’essayer toujours de renforcer les endroits au monde où on se parle. On vit tellement dans l’incompréhension, dans la haine, dans le protectionnisme et dans l’égoïsme. Et pour une fois qu’une table ronde se tient en dehors de tout conflit, en dehors de crise socio-économique voire militaire, je crois que c’est important d’affirmer ici l’importance de ces assises.
Question : Ces derniers temps, on dit que vous vous retireriez de la vie politique. Vous le confirmez ou pas ?
P.D.B : Je n’ai jamais fait autant de politique internationale qu’aujourd’hui. Nous sommes en train de créer une organisation qui s’appelle « Unit Life », qui est une organisation qui vise à lutter contre la malnutrition chronique, qui est aujourd’hui le grand fléau de l’humanité. Pourquoi, parce que personne ne sait c’est que la malnutrition chronique. C’est la maladie la plus fréquente, la moins connue et la moins financée. Aujourd’hui, il y a un enfant sur cinq qui souffre de cette maladie, qui est terriblement injuste parce que ça frappe essentiellement les pays en développement. Et moi c’est mon rôle de sensibiliser sur cette maladie. J’estime que c’est un sujet non seulement géopolitique mais aussi sanitaire. Et c’est de la politique. La politique en grand P. Ce n’est pas la politique politicienne. Et c’est vrai que je fais de moins en moins de la politique politicienne et de plus en plus de politique internationale et je m’en réjouis.
Question : Et vous en avez parlé au président Azali Assoumani ?
P.D.B : Bien sur ! J’ai parlé avec lui car c’est un sujet majeur. Et c’est une des raisons de ma venue pour savoir comment on peut améliorer la santé globale et en particulier la santé dans les îles. Il faut améliorer la santé publique dans tout les pays en développement dont les Comores et c’est quelque chose qui m’a toujours animé depuis 12 ans maintenant que je travaille pour la santé mondiale.
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