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Interview Mougni Baraka : « Je pense que (…) l'opposition se cherche »

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Interview Mougni Baraka : « Je pense que (…) l'opposition se cherche » © : HZK-LGDC

Dans une interview exclusive, que l'ancien gouverneur Mouigni Baraka a accordée à La Gazette/Hzk-presse, il s’exprime sur plusieurs sujets d’actualité, parmi les quels son avenir politique et les soubresauts de son parti politique le Rdc.


Question : Quelles leçons tirez-vous de la vie au pouvoir et celle en dehors du pouvoir ?

Mouigni Baraka : Ce sont deux moments différents et il est vrai qu'il y a des leçons à tirer. Car le pouvoir c'est la gestion quotidienne des affaires des îles. Cela veut dire il n’y a pas le temps pour que l’autorité politique se retire pour observer ce qui se passe autour de lui. Alors que l'après pouvoir vous permet en effet d'avoir ce regard rétrospectif. La force des choses a fait que j'étais gouverneur de l'île, je me suis lancé par ailleurs dans la batailles des présidentielles, je suis battu. Il est donc tout à fait normal que je me classe dans l'opposition, car c'est la population comorienne qui a voulu que je sois dans l'opposition. Si j'étais élu président Azali serait où ? Sûrement dans l'opposition. C'est ça la règle du jeu de la démocratie.

Question : N'y a-t-il pas crainte qu'Azali règne seul, par l’absence d'une vraie opposition ?

M.B : Je pense qu’effectivement l'opposition se cherche. Mais d'abord l'application de la loi portant réglementation des partis politiques or l'opposition regorge de plusieurs partis et mouvements politiques. Maintenant il fallait qu'elle se construise et se rapproche sur des bases solides. C'est un travail qui se fait, depuis déjà un an. Et de deux, il y aussi la question de celui qui devait incarner la tête de l'opposition. Il faut le dire, la question du leadership pose problème.

Question : Pourquoi ces six dernières années l'opposition brille par son absence réelle dans la scène politique ?

M.B : Je cois, c’est mon point de vue et cela n'engage que moi, que les gens ont cet esprit qu'attendre 15 ans dans l'opposition en sont-ils capables. Cela ne veut pas dire que je suis contre la tournante. Non pas du tout, mais je sais que c'est parmi les inconvénients. Cette attente de 15 ans pour espérer reconquérir le pouvoir à nouveau, c'est ce qui fait que généralement, c'est en fin de mandat que l'opposition entre en mouvement.

Question LGDC : Votre avenir dans l'opposition. Vous confirmez que si Azali vous consulte pour entrer dans son gouvernement, vous refuserez l'offre ?

M.B : Je crois qu'il y a deux éléments qu'il faut souligner. D'abord je dis souvent que je n’ai aucun problème avec le président Azali. Mais qu'il a un pouvoir et qu'il va le gérer avec ceux qui l'ont soutenu. Cela étant, cette question doit être posée de deux manières si jamais elle arrive. Est ce que le président demande le Rdc, là je veux revenir à mon parti et lui soumettre l'offre, mais si jamais on s'adresse à ma personne, la réponse est toujours la même, j’observe la situation avant tout car je ne peux pas mentir à la population.

Question : Revenons sur la crise au sein de votre parti politique le Rdc, on se demande qui est le vrai patron ?

M.B : Je pense qu'il n’y a pas des doutes là-dessus. Parce que le Rdc vient d'organiser son congrès le 19 et 20 mai, à l'issue duquel, le secrétaire national a été élu et un président exécutif dont moi même. Je vais dire encore que si le Rdc est reconnu parmi les six partis légaux du pays, c'est à partir d'un calcul de pourcentage de 19% de Mouigni Baraka du Rdc et non 19% de Rdc de Mouigni Baraka, comme la Crc a obtenu 40% d'Azali. Cela veut dire que le secrétaire général de la Crc ne pourrait jamais prêter serment pour rentrer à Beit-salam.

Question : Et la décision du tribunal ?

M.B : La justice ne nomme pas le secrétaire général d'un parti politique. Elle a plutôt demandé à l'ancien secrétaire général Djaé Ahamada d'organiser le congrès, de convoquer les militants et d’arrêter un calendrier pour revenir devant le juge. Et lors que nous sommes revenus devant le juge, Djaé a soutenu qu'il a bel et bien une formation politique à lui. Et delà nous avons dit point barre. Le conseil national prévu par le statut a pris donc la décision d'organiser le congrès.

 

Propos recueillis par Maoulida Mbaé

                 

 

  

 

     

 

   


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