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des Comores

Interview Aboudou Soefo, candidat à l’élection du gouverneur de l’île de Ngazidja

Interview Aboudou Soefo, candidat à l’élection du gouverneur de l’île de Ngazidja © : HZK-LGDC

« La constitution actuelle accorde beaucoup de compétences aux îles » Candidat à l’élection du gouverneur de l’île de Ngazidja, Aboudou Soefo place l’agriculture, l’élevage et la pêche au cœur de son programme. Le natif de Ntsinimoichongo pense qu’il est intenable qu’on continue d’importer des ailes de poulet et des caprins. Lors de cet entretien réalisé avec La Gazette des Comores/HZK Presse, le candidat indépendant étale son programme et ses motivations pour briguer la magistrature de l’île de Ngazidja.


Question : Qu’est ce qui vous a motivé pour briguer la magistrature de l’ile de Ngazidja ?

Aboudou Soefo : S’agissant de ma candidature, cela fait plusieurs années que j’ai l’ambition de me consacrer effectivement pour l’ile de Ngazidja. Notre île est particulière parce qu’elle possède beaucoup d’atouts et ils sont mal utilisés. Donc, on aurait pu faire de tas de choses et pourtant rien n’a été fait. De ce fait, j’ai pris l’initiative de me lancer dans ce combat en priant pour que je sois élu afin de rehausser le développement de l’ile de Ngazidja.

Question : Les compétences des îles sont réduites avec l’avènement de la nouvelle constitution. Quelle sera votre première action ?

A.S : Au-delà de tout ce qu’on peut dire, tout ce que les gens véhiculent à droite et à gauche sur la révision de la constitution, qui a élagué les compétences des gouverneurs comme diraient les rumeurs, pour moi, je ne vois pas les choses de cette manière. Au contraire, la constitution actuelle accorde beaucoup de compétences aux îles. C’est bien écrit dans la loi que l’ile dispose des compétences exclusives dans le domaine de l’agriculture, de la pêche artisanal de l’élevage, du tourisme et l’aménagement du territoire. C’est bien des compétences. Et sans oublier que ce qui est classique, à savoir l’éducation et la santé, même si cette fois-ci c’est beaucoup plus partagé ou délégué qu’avant. Donc les compétences sont là.

En effet, s’il y a quelque chose à incriminer, c’est la manière dont ces compétences vont être mises en œuvre par le gouverneur, étant entendu que la constitution montre que les institutions des îles ne sont pas explicitement déterminées. C’est là où il y a le problème. Pour cela, je ne dis pas que c’est un problème mineur, mais on peut trouver une solution entre les deux élus. D’ailleurs dans le processus de 2001, on a eu une constitution mais, le partage des compétences n’a pas été défini de manière explicite dans la constitution. Il a fallu des négociations avec l’intermédiation de l’OIF pour aboutir à ce qu’on a appelé les accords de Paris. Cette fois-ci, je crois qu’une fois les responsable élus, nous serons capables de s’assoir à la même table pour voir les bonnes manières à mettre en œuvre.

Question : Quelles seront vos trois premières priorités une fois élu ?

A.S : Ma priorité est claire ! Je vais me baser sur le domaine de l’agriculture, l’élevage et la pêche. Pourquoi ? Parce que, nous vivons dans une situation intenable, qu’on ne trouve même pas le terme pour le qualifier. Nous ne pouvons pas nous contenter à rester là à importer des ailes et des cuisses de poulet, alors qu’il n’y a pas de la sécurité sanitaire pour ces produits. Ce n’est pas encore intenable d’importer des caprins à Dar Es Salam et ailleurs. Donc, c’est pourquoi je place l’agriculture, l’élevage et la pêche au centre de mes premières priorités.

Question : Quel est votre avis sur la sécurisation des élections ?

A.S : Tout ce que je peux dire là-dessus, déjà il faut être clair dans cette question. Aucun candidat à une élection ne peut avoir une préoccupation que sur cette question. Comment faire en sorte, de minimiser effectivement ces pertes de voix ? Ces pertes de voix, ce sont des bureaux de vote qu’on ne comptabilise pas pour des raisons X ou Y de ceci ou cela, ce sont les préoccupations du candidat. C’est pourquoi, tout ce qui peut être mené de manière consensuelle dans le sens d’atténuer les appréhensions fondées ou pas des uns et des autres est une bonne chose. Nous concourons à tous ce qui peut être mené consensuellement, pour permettre que ces élections se passent dans la concorde, l’entente et la paix. Maintenant, les formules pour y parvenir personnellement, je n’ai ne pas une proposition concrète à émettre puisque je ne me suis pas trop penché sur la question.

Question : Qu’en pensez-vous de la présence du président suppléant et du ministre chargé des élections dans les meetings de Mouvance présidentielle ?

A.S : D’abord pour le président suppléant, je crois que cette question relève plus de l’éthique que du juridique et du droit. Effectivement, on a un président suppléant, qui n’est pas cadré par aucun texte à part le fait que la constitution a dit que lorsque le président se décide à se présenter aux élections il doit prendre congé. En ce moment là, la suppléance doit être assurée par un ministre de son choix. Donc un ministre de son choix ce qui est fait et c’est tout ce qu’il y a comme texte concernant le président suppléant. A part ça, il y’a aucun autre texte. Donc en l’absence de texte, nous ne pouvons dire que cette affaire relève seulement de l’éthique. Et en ce moment là, c’est à la conscience de chacun notamment pour l’intéressé et ça relève plus ou moins, de ce qu’on dit vulgairement que tout ce que n’est pas interdit est autorisé. Quant au ministre de l’intérieur, également c’est un peu ambigüe.

Propos recueillis par Nassuf Ben Amad

 


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