La Gazette

des Comores

Interview / Youssoufa Mohamed Ali, directeur de cabinet en charge de la défense

Interview / Youssoufa Mohamed Ali, directeur de cabinet en charge de la défense © : HZK-LGDC

« S’ils veulent semer des troubles… ils vont payer » Le gouvernement a dévoilé en fin de semaine dernière le document du projet de la révision constitutionnelle. La date du 30 juillet a été toujours maintenue. La Gazette des Comores a rencontré le directeur de cabinet en charge de la défense pour en connaître davantage sur le sujet. Au passage, Youssouf Ali Mohamed s’est aussi exprimé sur l’affaire de la citoyenneté économique. Interview.


Question : La population est appelée aux urnes le 30 juillets prochain pour un référendum. Il va falloir répondre par oui ou par non, mais à quelle(s) question(s) exactement ?

 

Youssoufa Mohamed Ali : La question qui sera posée, sera la question la plus importante sur les changements de la constitution. On a fait des assises nationales et on ne se limitait pas sur la constitution mais sur beaucoup de choses. On a fait un diagnostic des 42 ans d’indépendance et proposé des solutions pour un meilleur développement sur le plan économique, social, sécuritaire et environnemental. Par cette démarche, on est obligé de faire des réformes constitutionnelles et avoir un Etat fort, efficace, déconcentré et décentralisé. L’idée est de bâtir une nation et on a constaté que l’Etat est budgétivore et c’est pourquoi, on a modifié un certain nombre de choses dans le projet de constitution, comme la suppression des vice-présidents. Il ne faut pas prendre les assises comme la réforme constitutionnelle. Mais nous sommes dans l’obligation de mettre en œuvre les recommandations issues des assises afin de mettre notre pays sur les rails. On avait deux solutions : soit un référendum, soit un congrès. Et le référendum, c’est celle qui a été choisie par le président de la République afin de donner à la population son mot à dire. Ils vont se prononcer pour ou contre. C’est simple.

 

Question : Depuis le retour de l’ex-président Sambi au pays, on constate un climat d’agitation. Pourquoi cet acharnement alors qu’il s’est déclaré disponible à être entendu dans le cadre de l’enquête sur la citoyenneté économique ?

 

Y.A.M : Je pense que seul Sambi est responsable de cette agitation. Parce que c’est un initié par le rapport du parlement remis au gouvernement et qui par la suite transmis à la justice. Ikililou est un président comme Sambi et on ne voit aucune agitation de sa part. Ce que l’ancien président est en train de faire n’est pas nouveau. L’ancien président du Brésil, Lula Da Silva l’a fait. Il a fait en sorte de pousser la population à manifester pour empêcher la justice de faire son travail. Il les a fait longtemps mais au final, il a été entendu par la justice et incarcéré par la suite. C’est une enquête préliminaire par rapport à ce qu’il a dit sur la vente des passeports, il n’y pas lieu de faire de l’agitation. S’il n’y est pour rien dans le dossier, il sera relâché. Si c’est le contraire, la justice fera son travail. Pourquoi soulever des gens, pourquoi pousser ses partisans à se battre contre les forces de l’ordre. Et tout ça, ce n’est pas possible. Mr Sambi est induit en erreur par Ahmed Barwane, qui prépare des actions pour déstabiliser le pays. Le rapport est clair. Même le président Sambi a été étonné de voir les parlementaire lui sortir un papier déléguant à Bachar Kiwan de gérer la vente des passeports. Il leur a demandé : où est ce vous avez trouvé ce document ? Et les députés ont répondu que c’est la personne que vous lui avez donné qui nous l’a donné.

 

Question : En quoi le président Sambi constitue un danger au point d’être privé de sa liberté d’aller et venir alors qu’aucune décision judicaire n’a été rendue en son encontre ? Ne craignez-vous pas que les récentes mesures prises par le ministère de l’intérieure provoquent des situations de non droit ?

 

Y.A.M : La note circulaire sortie par le ministère de l’intérieur est légale. Elle ne souffre d’aucune ambiguïté. On se rappelle de ce qui a été fait au général Salim lorsqu’il a été mis en résidence surveillée, c’était Abou Achirafi qui avait signé la note. C’est une note administrative. En France, quand on sent que cette personne veut semer le trouble dans le pays, c’est le ministère de l’intérieur qui prend ses responsabilités en la plaçant en résidence surveillé. Pas celle que Sambi a été mis. Ça c’est vraiment léger. Tout ce qui se fait, ce sont des notes qui sont administrativement légales. Sambi a des perturbateurs qui veulent déstabiliser le pays. Et nous, on ne va pas se laisser faire.

 

Question : Dans un contexte social jusqu’ici apaisé, trois affrontements entre les forces de l’ordre et les citoyens ont été recensés en l’espace de trois semaines. Ne pensez vous pas que ces agissements peuvent pousser la population à un ras-le-bol ?

 

Y.A.M : Non ! Je reviens aux évènements d’hier. L’ancien président Sambi est assigné en résidence surveillée et des militaires devraient le surveiller. Et ce qui s’est passé, ses partisans sont venus et lançaient des jets de pierres aux militaires. C’est regrettable. Est ce que les militaires ont tiré ? Non ! Ils ont gardé leur sang froid. Dans d’autres pays, il y aurait des morts. Il n’y a pas longtemps, leurs responsables ont été appelés pour les avertir. Et enfin, ils montent dans les médias et insultent et ils ne sont jamais inquiétés. Donc la sérénité est là. Nous savons qu’ils veulent semer des troubles mais on est serein et on les suit. S’ils dépassent les limites, ils vont payer. En ce qui concerne les députés, il y a toujours une limite à ne pas franchir. Ils ne peuvent pas utiliser leur immunité comme une arme. Les députés doivent se comporter correctement devant les forces de l’ordre.

 

Question : A l’approche du ramadan, le gouvernement a baissé le prix du riz. Doit-on s’attendre à d’autres mesures sociales ?

 

Y.A.M : Actuellement, nous sommes en pleine négociation avec les opérateurs économiques et les agriculteurs afin de mettre en place des prix abordables en ce mois de Ramadan. On est en concertation. On a reçu les pêcheurs, les commerçants et les agriculteurs afin de s’entendre. Le comorien a le droit de bien manger et avec des prix abordables. En ce mois de ramadan, il ne faut pas oublier les efforts de la Ma-mwé qui permet aux comoriens de couper le jeun dans la lumière.

 

Propos recueillis par Mohamed Youssouf

 


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