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des Comores

Interview / Salim Saadi, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016 « Je promets de rétablir l’ordre constitutionnel »

Interview /  Salim Saadi, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016 « Je promets de rétablir l’ordre constitutionnel » © : HZK-LGDC

Ancien candit aux élections présidentielles de 2016, Salim Saadi s’est livré à La Gazette des Comores / HZK-Presse. Dans un entretien exclusif, le président de la fondation Action Comores a parlé des objectifs de sa fondation. En tant qu’homme politique, il a accepté de passer en revue l’actualité politique du moment.


Question : Où en êtes-vous avec la fondation Action Comores/ Al-Qamar dont vous êtes le président ?

 

Salim Saadi : La fondation a fait des multiples actions et les deux dernières avant mon arrivée au pays consistent à soutenir les étudiants Comoriens qui sont au Maroc, qui organisaient un colloque et qui avaient besoin de financement. La fondation a jugé cela normal de les soutenir. Action Comores continue à agir parce que vous savez qu’il y’a quelques mois, quatre pêcheurs, pères de famille, étaient perdus en mer. Deux parmi eux sont morts et les deux autres ont survécu. Malgré cela, le Gouvernement n’a pas agi en soutenant ni les pêcheurs ni les familles et la fondation a répondu présent. C’est grâce à celle-ci que les deux survivants ont été rapatriés chez eux. Malgré tout, il y’a des gens qui dénigrent les actions de la fondation pour raisons politiques. Je sais et je reste convaincu qu’il y’a des moments où il faut savoir rester ensemble malgré les divergences, surtout quand il y’a drame. Il y’a aujourd’hui beaucoup de personnes qui essaient de nous décourager mais nous restons sereins et nous continuerons d’agir auprès des Comoriens pour améliorer leur quotidien.

 

Question : Dans une conférence de presse, vous en aviez élucidé le but et les objectifs, pensez- vous les avoir atteint ?

 

S.S : Aujourd’hui, il y’a pas mal d’actions que nous n’avons pas pu encore réaliser parce que dans un partenariat, il y’a deux personnes, deux entités ou deux institutions. Du coup, il y’a la fondation d’un côté et un partenaire de l’autre et à partir du moment où on a agi, nous attendons un retour. Nous avons un contrat qui lie les deux parties et à partir du moment où il y’en a un qui ne respecte pas ses engagements, malheureusement, nous ne pouvons pas continuer d’agir ou de soutenir le partenaire. Pour y parvenir, il faut que les gens apprennent la culture du résultat. Nous sommes dans un pays où nous avons l’habitude de faire les choses à moitié et de dire « c’est ce que Dieu veut », non ce n’est pas ça. Nous sommes au 21ème siècle, il faut des résultats et c’est ce que nous allons essayer de faire comprendre à nos partenaires.

 

Question : Que pouvez-vous dire des résultats du scrutin référendaire du 30 juillet dernier ?

 

S.S : J’ai été vraiment contrarié par rapport au comportement des hommes politiques, parce que faire appel à un boycott ou ne pas aller voter est anticivique. Et je pense qu’il est de mon devoir en tant que responsable politique du parti Al Qamar, de dire que le scrutin ne s’est pas déroulé dans les bonnes conditions mais il ne s’agit pas seulement de la faute du Gouvernement, c’est d’une part de la faute des responsables politiques qui n’ont pas su se mettre d’accord pour créer les conditions pour que le scrutin se passe de manière légale. Je pense qu’il y’a de l’hypocrisie dans tout ça car en 2016, les mêmes personnes qui s’opposaient au régime de Mamadou et d’Ikililou, ont crié au loup comme quoi l’élection serait volée d’avance parce qu’elle était donné à Mamadou. Nous nous sommes réunie 21 candidats, avons signé une charte et nous sommes battus pour modifier le code électoral pour que les garanties soient sauvegardées, pour que l’élection se passe dans les meilleures conditions. Pourquoi n’avons-nous pas échangé avec le président qui avait demandé à ce qu’on aille mettre en place les conditions d’une élection partiale. Nous sommes restés dans le mutisme et dans le déni en disant n’allez pas voter ce qui est irresponsable. Le vote est un droit civique acquis et si vous ne votez pas alors vous vous privez de votre droit.

 

Question : Comment interprétiez-vous la mise en application de la nouvelle constitution ?

 

S.S : Simplement je suis choqué parce que la nouvelle constitution avait déjà été appliquée bien avant sa promulgation. Parmi les recommandations faites aux Assises, c’était la suppression de la Cour Constitutionnelle et si mes souvenirs sont bons, elle a été supprimée avant même référendum. Donc vous voyez qu’aujourd’hui, nous avons un président qui, certes, fait son droit d’organiser un référendum, parce que c’est son droit en tant que président, mais aujourd’hui on va dire qu’il n’y a plus de droit car toutes les règles, toute notre constitution a été bafouée en anticipant la suppression de la Cour Constitutionnelle.

 

Question : Vous êtes un des candidats malheureux aux dernières élections présidentielles de 2016 n’ayant pas pris position, est-ce une stratégie pour trouver la bonne équipe ou avez-vous autre chose derrière la tête ?

 

S.S : Une stratégie, on va dire que oui sinon les gens vont dire que je suis bête. On a toujours bien entendu une stratégie. On est sur la même lignée que nos partenaires, nos concurrents et nos amis politiques qui sont dans le camp d’en face. Seulement je vais dire que ma stratégie, elle est simple. On n’a jamais été dans l’opposition et ne le sera jamais, pareil que nous n’avons jamais été dans la mouvance et nous ne le serons jamais. Par contre nous ne sommes pas non plus des opposants sectaires. Ce qui fonctionne bien on le dit, ce qui va mal aussi on le dit aussi bien dans la mouvance que dans l’opposition. Quand on se rappelle, on pourrait dire que la première fumée à l’arrivée d’Azali redonnée de l’espoir mais au bout de deux, les visions ont catégoriquement changé. Le régime et l’opposition, ce sont les mêmes personnes. Si jamais il y’a des élections anticipées, je serais candidat et je promets de rétablir l’ordre constitutionnel. Si la majorité des comoriens me donnent leurs voix, je m’engage à respecter les accords de Fomboni. Cela veut dire que je ferais deux ans de mandat et le remettre à un Anjouanais en 2021 et lui le remettra à un Mohélien en 2026. Si l’on veut reconnaitre les vrais patriotes, alors faisons des primaires et choisir un candidat pour aller battre Azali.

 

Propos recueillis par A.O Yazid

 


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