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Interview / Mohamed El-Had Abbas, candidat à l’élection du gouverneur de l’île de Ngazidja : « J’ai eu la chance de gérer des élections mais je n’ai jamais participé dans des meetings »

Interview / Mohamed El-Had Abbas, candidat à l’élection du gouverneur de l’île de Ngazidja : « J’ai eu la chance de gérer des élections mais je n’ai jamais participé dans des meetings » © : HZK-LGDC

Candidat aux élections des gouverneurs de l’île de Ngazidja, Mohamed El-Had Abbas est un fervent serviteur de la fonction publique de l’archipel. Dans cet entretien, le candidat passe en revue sa motivation, son programme et ses priorités une fois à Mrodjou. Approuvant les agissements des candidats face à la sécurisation du processus électoral, ce dernier remet en cause la présence du ministre en charge des élections dans les meetings de la mouvance.


Question : Qu’est-ce qui vous a motivé pour briguer la magistrature de l’île de Ngazidja ?

Mohamed El-Had Abbas : D’abord, je suis un serviteur de l’Etat, je travaille dans la fonction publique, j’ai assumé des hautes responsabilités dans ce pays. Donc j’ai cette vocation de servir mon peuple. C’est un choix politique. Si c’était pour s’enrichir, j’allais faire du commerce et pourtant je me suis engagé dans le secteur public, pour un seul et un but unique, servir mon peuple, mes concitoyens.

Question : Quel est votre le programme que vous allez présenter pour convaincre les Grand-comoriens ?

M.E.A : J’ai élaboré un programme conformément à la nouvelle constitution en se référant à l’article 102 dans le domaine du tourisme, le développement local, la pêche, l’agriculture et en même temps les domaines concertées avec l’Union, c’est dire le contrôle et la gestion des collectivités locales, la santé de base et l’éducation. A travers ces secteurs, nous allons essayer de mettre en œuvre, voire même au niveau de l’Union si jamais nous n’avons pas les moyens, parce que j’ai lu la loi des finances 2019, ils ont prévu 6,507 milliards pour les investissements insulaires. Cela veut dire que les dépenses communes sont prises en charge par l’Union, à savoir le fonctionnement et les salaires.

Question : Avec la nouvelle constitution, les compétences des îles ont été diminuées. Une fois élu quelle sera votre action par rapport à cette question ?

M.E.A : Tout d’abord, avec la nouvelle constitution on ne pourra rien faire. Mais dans un premier temps, on doit faire ce qu’on appelle la conformité juridique des textes pour pouvoir s’adapter à cette nouvelle constitution. Puisque vous le savez très bien qu’il y’a la loi relative à la décentralisation qui stipule que les collectivités locales qui sont les mairies sont sous la tutelle administrative et financière du gouverneur. La nouvelle constitution dit que c’est un domaine concerté donc il y’a une question à clarifier.

Maintenant vous savez très bien qu’au niveau de la loi des finances, il n’y a pas de trésorerie de l’île, tout a été centralisé au niveau de l’Union, dans la trésorerie publique.  Personnellement cela ne me dérange pas mais le plus important c’est que le gouvernement central doit être attentif ; --débloquer les dotations prévues pour chaque île et en même temps, nous avons la possibilité de tisser des relations à travers la coopération décentralisée et aussi l’apport de la diaspora pour essayer d’impulser, stimuler les activités que j’ai évoquées et principalement le tourisme, nous savon tous que celui-ci est lié avec l’environnement donc il faut qu’il y’ait de l’hygiène mais aussi la gestion des déchets.

Question : Quel est votre avis sur la sécurisation des élections ? Un sujet qui revient souvent ces derniers temps.

M.E.A : C’est tout à fait normal. C’est une réaction légitime et logique pour chaque candidat de se préoccuper parce qu’on ne peut pas engager de l’énergie sans savoir si le processus va se dérouler dans des bonnes conditions. Moi je pense que le pays est vraiment outillé en matière électorale. Maintenant, on doit faire des efforts pour que chaque candidat puisse avoir accès et suivre de bout en bout le déroulement du processus électoral, de l’envoi du convoi à l’acheminement à la CENI. On a vécu une expérience à travers l’accord que nous avons signé en 2016 et qui n’était pas contraire à la loi mais c’est un accord qui a respecté scrupuleusement la loi. Même la loi est claire sur le fait qu’on peut suivre de bout en bout. On parle maintenant de logiciel trafiqué en avance, moi je ne peux pas me hasarder, il faudra tout vérifier, faire une contre-expertise, harmoniser le logiciel pour qu’il soit unique entre le ministère en charge des élections, la CENI et la Cour Suprême.

Question : Que diriez-vous sur la présence du président suppléant et du ministre en charge des élections dans les meetings de la mouvance présidentielle ?

M.E.A : Je ne peux pas parler à leur place, il faudrait aller leur poser la question. J’ai eu la chance de gérer des élections mais je n’ai jamais participé dans des meetings parce que j’étais arbitre.

Question : Lorsque vous serez élu à la tête de l’exécutif de Ngazidja, quelles seront vos trois premières priorités ?

M.E.A : Comme je vous ai dit, il faut qu’il y’ait une clarification par rapport à l’harmonisation juridique des textes. Je vais essayer de mettre ne place une équipe très outillée et très pointue, des gens qui ne vont pas tâtonner pour faire le travail. Je serais très ouvert et s’il faut prendre des adversaires politiques, s’ils ont les compétences requises, je vais les prendre. Et en même temps, faire un état des lieux sur le patrimoine de l’île. Voilà donc mes préoccupations.

Propos recueillis par A.O Yazid

 


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