La Gazette

des Comores

Interview / Députée Hadjira : « nos places, il faut les arracher (…) »

Interview / Députée Hadjira : « nos places, il faut les arracher (…) » © : HZK-LGDC

Dans le cadre du lancement d'un livre « Tsi shindi, Ngamdjo shinda », dédié à 12 femmes au parcours atypiques, une initiative du commissariat au genre avec le soutien de l'ECES, La Gazette s'entretient avec neuf d'entre elles. Au tour de la députée Hadjira Oumouri de se livrer à nos questions.


Q: Que pensez-vous des conditions de la femme du pays ?

 

Hadjira Oumouri : Normalement en matière de droits, la femme comorienne est bien servie. Le problème réside par contre sur l'application de ces textes. J'en veux comme preuve les postes de responsabilité dans le pays qui sont presque si ce n'est tous occupés par des hommes. A Comores Télecom, Comores Hydrocarbure, Onicor et j'en passe les meilleurs.

 

Q: Qu'est ce qu'il faudra faire pour que la femme s'implique d'avantage ?

 

H.O : La femme doit d'abord franchir la barrière qu'elle s'était érigée en elle-même, faisant que la politique et la gestion de l'État, c'est une affaire d'homme. Non, ce n'est pas exact. Maintenant, il faut que cela change et qu'elle prenne conscience qu'elle devrait prendre son destin en main. La femme doit cesser de faire que de la figuration dans la politique, soutenant un frère, un père ou un mari. Elle doit activement participer dans la vie politique de son pays et s’enrôler de plus en plus dans les partis politiques et qu'elle lutte pour se faire des places au sein des formations politiques. Il faut savoir que la femme d'aujourd'hui, n'est pas celle d'hier, elle est aujourd'hui fortement instruite et de plus en plus diplômée, elle devrait donc chercher à se faire une place. La femme doit impérativement sortir des sentiers battus pour venir participer activement à la construction de l'État.

 

Q: Vous êtes parmi les rares femmes députés titulaires. Que vous inspire votre parcours ?

 

H.O : Je me suis engagée dans le social très tôt. J'ai constaté par ailleurs que les inégalités entre homme et femme se creusent de plus en plus en politique. Je me suis donc décidé de m'engager politiquement. Je suis membre fondateur du parti Rdc dont je porte la couleur à l'assemblée nationale. Je n’ai aucun problème sur mon parcours jusqu'alors. Je me bats et je continue à me battre politiquement. Maintenant j'aimerais que les autres femmes comprennent qu'il ne faut pas qu'on reste dans nos coins, croiser nos bras et dire que nous sommes des femmes. Non, il faut qu'elles se battent pour avoir la place qu'elles méritent.

 

Q: Quel conseil donnerez-vous justement à la femme comorienne ?

 

H.O : La femme comorienne doit avoir la conviction, qu'elle est forte et qu'elle peut elle aussi être active à égalité avec l'homme ou plus en politique. Nous sommes redevables en politique tout comme les hommes. Donc, il fallait dégager de cette peur qui nous fait parfois fuir de la chose politique. La vie c'est un combat, la politique est aussi un combat. Nos places, il faut les arracher. Et pour les arracher, il faut se battre.

 

Propos recueillis par Maoulida Mbaé       

 

  

 

   


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.