Le secrétaire d’Etat chargé du monde arabe et ancien secrétaire national de la Convention pour le renouveau des Comores (Crc) nie en bloc toute idée de démission de ses fonctions gouvernementales. D’après lui, ce pouvoir est le sien après 10 ans passés à l’opposition. Toutefois, dans cette interview exclusive qu’il a accordée à La Gazette des Comores HZK-Presse, Dr Hamidou Karihila, ex-secrétaire national de la Crc, reconnait quelques manquements au sein du parti. Pour lui, il y a une différence entre les affaires du parti et celles du gouvernement.
Question : La Une du journal Al-fajr révèle, dans son édition du mardi dernier, votre possible démission du gouvernement. Comment vous avez pris cette révélation ?
Hamidou Karihila : J’étais tellement surpris et étonné de telle sorte que je me posais tant des questions. D’où vient cette information calomnieuse et mensongère ? Je me posais cette question parce que l’idée de démission ne n’est jamais venue à l’esprit, puisque c’est mon pouvoir. Ma relation avec Azali existait avant même la création du parti CRC. Depuis 1999 jusqu’à ce jour, nous sommes ensemble. Cela date de très longtemps.
Question : Quelle a été votre première réaction ?
H.K. : Aussitôt, j’ai reçu quelques journalistes dont vos confrères d’Alwatwan. J’ai démenti cette information. Mais cela ne m’empêche pas d’avouer quelques manquements au sein de mon parti. J’essaie de faire la nuance entre les affaires du parti et celles du gouvernement auquel j’appartiens.
Question : D’après d’Alfajr, il s’agirait d’une source anonyme proche de vous qui a livré cette information. Aviez-vous pensé à une personne en particulier qui serait l’auteur ?
H.K. : C’est difficile de panser à quelqu’un. Moi j’estime que c’est une erreur professionnelle du journaliste. C’est au journal lui-même de corriger et rectifier l’erreur commise.
Question : Allez-vous porter plainte ?
H.K. : Ce sont des rumeurs également qui circulent dans la capitale mais je n’ai pas non plus l’intention de porter plainte. D’ailleurs je n’ai pas le temps. J’ai d’autres préoccupations plus importantes du pays.
Question : Vous êtes le secrétaire d’Etat chargé du monde arabe depuis le retour au pouvoir d’Azali. Des commentateurs estiment que le poste que vous occupez ne mérite pas un dirigeant comme vous qui avez été plusieurs années le secrétaire national du parti, qui avez lutté dans l’opposition.
H.K. : Je vous jure que ce ne sont que des spéculations qui circulaient à M’béni, ma ville natale. C’était Wadaane qui avait scandé à la place publique de M’béni. Mais personne dans mon entourage après 10 ans dans l’opposition n’a soulevé un tel problème, puisque nous savions bien que partager un pouvoir avec d’autres tendances politiques qui nous ont soutenu aux élections, nous restons conscients que ce n’est pas chose facile. Ce qui m’intrigue vraiment c’est la manière dont le parti est généré. J’essaie de faire la nuance entre les intérêts du parti et les affaire courantes de l’Etat ou du gouvernement. (Suite dans notre prochaine édition)
Propos recueillis par Ibnou M. Abdou
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