La Gazette

des Comores

Interview / Azali Assoumani, président de la République de l’Union des Comores « J’ai choisi de laisser ma suppléance à Moustadrane Abdou »

Interview / Azali Assoumani, président de la République de l’Union des Comores « J’ai choisi de laisser ma suppléance à Moustadrane Abdou » © : HZK-LGDC

Dans une interview « organisée* », le président Azali Assoumani a dévoilé le nom de son successeur. Et il s’agit de Moustadroine Abdou, jusque-là ministre en charge de l’Energie, de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Environnement est désigné par le Colonel Azali Assoumani pour assurer sa suppléance le long du déroulement du processus électoral anticipé de mars et avril prochain.


Question : Monsieur le président, 72 heures après la publication de la liste officielle des candidats à l’élection de Mars et Avril prochain dont vous êtes candidat, pensez-vous garder votre fonction ou vous allez prendre congé comme stipulé par la constitution ?

 

Azali Assoumani : Comme vous le dites, c’est une question de textes et non de ma volonté. La constitution a dit qu’on doit prendre congé. En 2002, la constitution n’avait pas mentionné le congé et pourtant j’ai décidé de le prendre. Pour cette fois, ce n’est pas moi seulement mais tous ceux qui ont une fonction publique doivent prendre congé avant d’engager la bataille des campagnes. C’est la loi et nous la respectons.

 

Question : Qui allez-vous choisir votre suppléance et sous quels critères le feriez-vous ?

 

A.A : J’ai choisi de laisser ma suppléance à Moustadroine Abdou. Anjouan est une partie du territoire comorien, donc la suppléance peut être anjouanaise, mohélienne, grand-comorienne et demain, pourquoi pas, un mahorais. Delà où il sera, il peut exercer les fonctions présidentielles. J’avais à choisir entre 12 ministres et 3 secrétaires d’Etat en qui j’avais la pleine confiance mais j’ai su qu’il est celui qui saura maintenir l’ordre dans nos rangs et qui est en mesure de collaborer avec le reste de l’équipe.

 

Question : Souvent, les élections aux Comores sont financées par la communauté internationale. Pour ces élections anticipées, qui va les financer ?

 

A.A : Je vais vous dire que dans cette question, il y’a ce qu’on appelle fond et forme ou esprit et lettre. Nous sommes un pays indépendant donc nous devons être en mesure de tout faire par nous-mêmes avant de demander le soutien de nos partenaires et de la communauté internationale. Depuis notre prise de fonction en 2016, le ministre des finances a ouvert un fonds spécial pour toutes échéances électorales pour qu’à la demande du soutien de la communauté internationale on ait le minimum de fonds. Pour ces échéances anticipées, nous avons les moyens de les financer mais cela n’empêche qu’on sollicite le soutien de nos partenaires étrangers. S’ils décident d’envoyer des observateurs alors c’est eux qui vont les indemniser, c’est une forme de financement. Mais je suis rassuré que nous sommes capables de couvrir les dépenses locales allant de l’organisation au déroulement du processus.

 

Question : En 2006, il y’avait la présence d’une force militaire. Que différencie celles-ci et celles de l’année en question ? Y’aurait-il des observateurs militaires ou seulement des observateurs techniques ?

 

A.A: Effectivement après la crise séparatiste, avant même l’interposition, il y’avait une force armée étrangère pour jouer la médiation entre les îles. Lorsque celle-ci fut faite, elle était toujours présente même quand on organisait les élections de 2002 et elle a servi pour la sécurisation et l’observation de ce processus. Certes, c’était un nouveau système qu’on mettait en place avec la présidence tournante et en 2006 pour rassurer la population, j’ai demandé la supervision de la communauté internationale, que cela soit technique ou militaire et ceci a été approuvé. Seulement je peux vous assurer que notre armée est capable de sécuriser les élections car en 2011 et en 2016, nous n’avons pas eu besoin d’une observation militaire et pourtant celles-ci se sont déroulées dans des bonnes conditions. Notre armée a fait un travail concret car toutes ces échéances sont reconnues par la communauté internationale. Nous avons sollicité auprès de nos partenaires internationaux (SADC, COMESA, Union Africaine…) la supervision de ces élections et nous aimerons bien qu’ils soient là.

 

Question : Questions : Quelles sont les dispositions que vous avez prises pour éviter que l’argent du contribuable ne soit pas utilisé pour financer la campagne d’un tel ou tel candidat ?

 

A.A : Je vous rassure que toutes les dispositions sont prises pour que ça ne se passe pas ainsi. Je ne vais pas relever un défi mais je m’engage à prendre les sanctions qu’il se doive si ça devait se faire. Tout le monde le dit et nous sommes bien conscients que le bien du peuple ne devrait pas servir à financer la campagne d’un candidat bien que dans certains grands pays ça se fait. Je ne dis pas que ça ne va se passer car nous sommes des humains mais j’espère que ça ne serait pas le cas car les dépenses de campagne sont pour le candidat qu’il soit au pouvoir ou pas. Mais pour le déroulement des élections c’est l’Etat qui finance. Et je vous rassure que tout sera audité pour plus de transparence.

 

Questions : A compter de ce soir, Azali Assoumani ne sera plus président mais candidat. Qu’allez-vous faire des jours qui vous restent avant l’ouverture de la campagne ?

 

A.A : Le repos est une obligation surtout pour un président car c’est un travail fatiguant, physiquement et moralement. Mais depuis qu’on a mis les Assises en route, on a senti que ces élections étaient une possibilité qui vienne de se concrétiser. Alors en tant que politicien qui était au pouvoir, nous n’avons pas attendu l’approche du processus et dire que c’est là qu’on va se préparer et j’espère que l’opposition aussi même-si elle ne voulait que celles-ci aient lieu. Oui je vais prendre quelques jours de repos en attendant l’ouverture de la campagne.

 

Questions : Avant de prendre congé, quel message adressez-vous à la nation ?

 

A.A : Nous avons toujours eu la stabilité dans notre pays. Pour la maintenir, j’espère que chacun prendra ces responsabilités car ces élections c’est nous qui les avons demandé car nous avons dit vouloir la démocratie. Il y’avait une période où nous avions un parti unique et en 1990 les comoriens sont entrés dans le pluralisme politique. C’est un choix que nous avons fait alors qu’on assume jusqu’à ce que ces élections se déroulent dans des bonnes conditions et dans la transparence, qu’on soit en mesure de partager cette stabilité dont nous avons tous contribué. Nous sommes dans cette expérience démocratique, certes il y’a beaucoup à faire mais nous sommes dans la bonne voie.

 

Propos recueillis par A.O Yazid

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.