L'opposition crie à la dérive après s’être vu interdire par les autorités le grand meeting qu'elle s’apprêtait à organiser samedi à Mutsamudu Anjouan. Joint au téléphone par La Gazette/Hzk-Presse, Youssouf Said Soilih coordinateur de la coalition de l'opposition condamne des pratiques qu'il juge anti-démocratiques.
Question : M. Youssouf Said quelle votre réaction après l'interdiction de la réunion que l'opposition devait tenir justement à Mutsamudu ?
Youssouf Said : C'est une condamnation totale de toutes ces pratiques antidémocratiques, qui sont contraires même à la loi. Puisque nous avions prévu d'organiser d'abord un grand meeting pour sensibiliser l'opinion sur nos positions relatives à ces assises. Tout le monde sait qu'en ce moment on sillonne le pays pour mener une campagne en vue de faire adhérer l'opinion à la tenue de ces assises. Nous nous sommes en train de battre campagne pour expliquer nos positions. Nous avons donc prévu d’organiser ce grand meeting à Mutsamudu mais nous avons été contraints d'annuler suite à une note administrative signée par le préfet. Après avoir été dispersés nous sommes allés dans un endroit encore privé, un hôtel, pour organiser une conférence de presse et on nous a fait comprendre que la police et la gendarmerie sont venues encore une fois pour nous disperser. Nous ne pouvons que condamner de tels agissements qui sont contraires à la fois à la loi et à la liberté d'expression.
Question : Est-ce que vous aviez les autorisations nécessaires pour tenir ces rassemblements ?
Y.S. : Absolument. Nous ne saurions nous permettre d'organiser une réunion de cette dimension, si nous n'avions pas eu les autorisations requises. Le maire de Mutsamudu a donné une autorisation au représentant de l'Updc qui en avait fait la demande. A la suite de cette autorisation nous avons prévu d'organiser ce grand meeting auquel devait participer nombre de nos concitoyens de diverses régions d'Anjouan pour savoir exactement quelles sont nos positions relatives à la tenue de ces assises.
Question : Qu'est ce que l'opposition compte faire. Va-t-elle faire le forcing ?
Y.S. : Nous ne forçons rien. Nous demandons que soit appliquée la loi. Nous demandons que nous soyons autorisés à organiser des grands rendez-vous de cette nature dans la mesure où il est dit, en tout cas c'est officiel que nous sommes en période de sensibilisation de l'opinion sur la tenue de ces assises. Pourquoi c’est exclusivement le camp adverse, le camp du président Azali, qui est seul autorisé d'organiser des grands rassemblements, pendant que nous autres, on nous l’interdit. Je rappelle justement qu'au même moment où nous devions tenir cette réunion à Mutsamudu, et bien à Moroni dans le foyer des femmes s'organisait une réunion du mouvement « Si dekina », une réunion à laquelle d'ailleurs avait pris part effectivement le président de la République. En même temps, toujours à Anjouan le gros du comité de pilotage est entrain de sillonner les îles pour tenir des grands rassemblements afin d'expliquer leur position sur les assises. Nous disons que nous n'allons pas forcer les choses. Nous allons faire tout simplement ce que nous autorise la loi. Nous allons faire des tournées, nous irons à Mohéli, nous irons à l'intérieur de Ngazidja pour expliquer nos positions.
Question : Donc pour vous c'est un poids, deux masures ?
Y. S. : Absolument, c'est un poids, deux mesures. Ce n'est pas normal. C'est antidémocratique. Pendant que le président Azali dans une chaîne de télévision extérieure disait que nous sommes dans un État de droit. Nous voyons que nous ne sommes pas dans un État de droit. Azali n'a pas dit la vérité quand il s'est exprimé à l'extérieur.
Propos recueillis par Maoulida Mbaé
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