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des Comores

Ils ont dit… Gouvernement Azali 3, l’opinion dans l’expectative

Ils ont dit…   Gouvernement Azali 3, l’opinion dans l’expectative © : HZK-LGDC

24 heures après l’annonce du Gouvernement post-référendaire, les opinions divergent. Pour beaucoup, « il ne s’agit pas d’un nouveau Gouvernement mais d’une continuité ».


Moustoifa Said Cheikh, leader du Front Démocratique : « Un gouvernement de circonstances »

 

C’est un gouvernement qui ressemble aux circonstances de l’après référendum, je veux dire par là que c’est un gouvernement qui répond à la nouvelle donne des mensonges et qui exprime la volonté d’aller contre le peuple. Déjà il faut se demander le but et/ou la mission d’Azali... Le président de la République montre sa volonté d’écraser en quelque sorte le peuple comorien et la démocratie. N’oublions pas qu’il a organisé un scrutin référendaire qui a échoué, rejeté par la population et aujourd’hui il continue le mensonge puisque voilà un gouvernement qui est le résultat d’un décret qui vide la Constitution. La Constitution de 2018, ce n’est pas une révision mais une nouvelle Constitution pour une nouvelle République. Moi, je ne pense pas que le peuple comorien accepte une telle forfaiture puisque la réalité sur les intentions d’Azali, c’est de revenir au point de départ de 1999. C’est à dire s’accaparer les pouvoirs de l’Etat, instaurer un régime de terreur et s’approprier les richesses du pays. Ce gouvernement est plus qu’un gouvernement de copinage, il s’agit d’un régime dictatorial, réactionnaire. Un gouvernement qui est le résultat de toute une politique de terreur.

 

Said Omar Said Ali, jeune cadre de la diaspora : « Privilégions la méritocratie »

 

On a une jeunesse diplômée, talentueuse qui a une vision du monde d'aujourd'hui, au lieu de la responsabiliser, on préfère continuer avec les mêmes dinosaures. Mon souhait est que l'Etat comorien instaure un concours pour entrer dans la fonction publique. On est parmi les rares pays au monde où on devient fonctionnaire sans passer par la case concours. Privilégions la méritocratie plutôt que la médiocrité. Un jeune a le droit d'être ministre. Je rêve qu'un enfant pauvre, par ce qu'il est diplômé et qu'il a du talent, puisse accéder aux hautes fonctions de l'Etat. Parlons un peu de parité, donc une femme au gouvernement c'est suffisant ? Alors qu'on a des femmes talentueuses dans notre pays. Elles ont le droit aussi d'être ministre. Le changement c’est maintenant, pas en 2030. Le gouvernement Azali 3 n’a rien d’extraordinaire. Les mêmes têtes aux mêmes places pour défendre les mêmes causes mais rien de plus. On s’attendait à quelque chose de bien plus pur et plus jeune pour une vision dynamique et émergente.

 

Kamal Saindou, ancien journaliste « Ce n’est pas un gouvernement de combat »

 

Rien n’a été changé et cela ne change rien. Pas de profil intéressant dans ce nouveau gouvernement mais ça n’engage que moi, en plus je ne juge ni les personnalités ni les compétences mais juste les profils. Le président a reconduit les mêmes personnes aux mêmes postes donc je pourrais dire que je n’ai pas de réaction particulière. Il n’y a rien de fort, c’est la continuité... S’il y’avait eu des changements dans les postes essentiels comme la Défense, les Finances, l’Intérieur ou les Affaires Etrangères, peut être qu’il y aurait eu un peu d’espoir de changement. Seul bémol, c’est la présence considérable de Mohéli dans ce gouvernement Azali 3 mais on peut dire que ce n’est pas là un vrai gouvernement de combat.

 

Mohamed Rafsandjani, doctorant en droit constitutionnel « Répartition équitable ne signifie pas répartition paritaire »

 

Si l’on se fie à ce qui est censé être la Constitution du pays depuis le 06 août 2018, la nomination du gouvernement est juridiquement un pouvoir discrétionnaire du chef de l’Etat, il ne m’appartient donc pas d’émettre en avis sur les noms et les personnalités. Cependant, ce pouvoir discrétionnaire est tout de même encadré par certaines conditions. D’abord de nombre, il est respecté, puisque l’on n’a pas dépassé les 15 membres. Ensuite, la répartition juste et équitable des iles et des sexes. Il n’est pas certain que les conditions soient remplies. Et même s’il faut toujours préciser que juridiquement la répartition équitable ne signifie pas répartition paritaire, on doit remarquer que l’on est loin du compte, 3 femmes sur 15 ministres, ce n’est pas assez. Pour la répartition équitable des iles, elle est toujours très difficile à évaluer. En outre, il a eu égard à l’ordre de désignation, il apparaît clairement que Moustadroine Abdou est le ministre premier puisqu’il est le premier cité dans l’acte de nomination. Enfin, hormis le cas de vacances du poste de président, il ne faut pas surestimer l’importance d’un gouvernement dans notre système institutionnel qui n’est pas parlementaire. C’est le président qui détermine et conduit la politique de la nation. Les ministres ne sont que des collaborateurs sans véritable pouvoir d’orientation politique.

 

Nadia Tourqui, membre de la 3ème voix « Apprécier la qualité d'une équipe médicale »

 

En tant que membre de la société civile, je ne peux qu'être attentive au profil du gouvernement et à la politique générale. Cette dernière nous permet d'évaluer les capacités du gouvernement nommé à conduire la politique en question. Le lien forcé qui est fait entre les problématiques de développement et l'architecture institutionnelle pour justifier les bouleversements actuels questionne l'efficacité recherchée. Il est difficile d'apprécier la qualité d'une équipe médicale si le diagnostic a été faussé et si les médicaments à leur disposition ne permettent pas de guérir le mal. A moins que l'équipe médicale ne décide de revoir le diagnostic

 

Propos recueillis par A.O Yazid

 

 


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