La Gazette

des Comores

Fêtes de fin d’année / Le directeur des affaires islamiques désavoué et menacé de poursuites

Fêtes de fin d’année / Le directeur des affaires islamiques désavoué et menacé de poursuites © : HZK-LGDC

Signataire d’une note interdisant les fêtes de Noël sur le territoire national, Mohamed Abdoulbak est lâché par son ministère de tutelle. Quant au ministère de l’intérieur cité dans ladite note, il envisage d’engager des poursuites judiciaires contre celui qui a pris cette décision « de son propre chef ».


L’enfer est pavé de bonnes intentions, dit le dicton. Les autorités sont très remontées contre le directeur des affaires islamiques. Et pour cause, il a signé une note en bonne et due forme qui interdisait toute célébration des fêtes de Noël sur un territoire qui se dit « ouvert » et « tolérant ». Mohamed Abdoulbak avait poussé le bouchon trop loin puisque sa note impliquait les lieux privés.

 

« Toutes fêtes, cérémonies ou activités liées à la fête de Noël dans tous les lieux publics des hôtels, des clubs et des maisons ou spectacle ou toute apparence indiquant l’implication des chrétiens dans leurs joie aux Comores » étaient « condamnées » et surtout « interdites » durant la période allant du 24 au 30 décembre (lire notre édition du 24 décembre).

 

Cité comme coauteur de ce torchon, le ministère de l’intérieur a réuni la presse le lendemain mercredi 25 décembre pour nier son implication mais surtout déclarer nulle et non avenue la fameuse décision. « La note n’engage que son auteur. Certes nous sommes un pays musulman mais nous respectons les autres religions. Et je pense que la justice devrait s’autosaisir de cette affaire pour engager des poursuites », devait tonner Mohamed Daoudou, entouré du secrétaire général du mufotorat, du conseiller chargé des affaires islamiques auprès du chef de l’État, mais aussi des forces de l’ordre.

 

Pour le ministre, ce désaveu ne peut en aucun cas être qualifiée de « désolidarisation » puisque « le gouvernement n’était impliqué ni de près ni de loin ». Il affirmera lors de cette rencontre avec la presse qu’ailleurs, « on accepte et respecte l’Islam à tel point qu’on nous accorde des jours fériés à l’occasion des grandes fêtes musulmanes ». Cela sonne comme une défense à la France citée dans la note comme parmi les « ennemis de l’Islam ».

 

Dans la foulée de cette conférence, le ministère de la justice et des affaires islamiques a publié un communiqué pour à son tour condamner la note. « Le ministère de la justice condamne avec fermeté ces allégations qui sont contraires à la Constitution de l’Union des Comores et les principes fondamentaux de l’Islam qui respectent à travers le Coran et les Hadiths du prophète les cultes », peut-on lire dans ce communiqué signé par le ministre en personne.

 

Ces condamnations en cascade on les voyait venir. Dès mardi soir, le ministre de l’économie et non moins porte-parole du gouvernement avait laissé transparaitre des signes avant-coureurs. Dans un Tweet qu’il a publié à 19h34 alors que l’indignation des internautes, y compris les soutiens du pouvoir, battaient leur plein, Houmed Msaidié a souhaité un joyeux Noël « à tous les chrétiens du monde, à commencer par ceux qui sont aux Comores ». Avec cette spécification, le Tweet du ministre rabattait le caquet à la fameuse note.

 

TM

 

 


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