La Gazette

des Comores

Fronde à Anjouan / L’exécutif de l’île accuse de gouvernement d’envenimer la situation

Fronde à Anjouan / L’exécutif de l’île accuse de gouvernement d’envenimer la situation © : HZK-LGDC

48 heures que la médina de Mutsamudu est le théâtre d’affrontements entre civils et militaires. Sur place, l'Exécutif de l'ile accuse le gouvernement de l'Union de laisser s'envenimer la situation. Dar Nadja, dans son communiqué daté du 16 octobre, déplore « une main armée qui met en danger toute une population ». A l'origine, une opération « ile morte » qui dégénère.


48 heures déjà que l'ile est secouée par une manifestation qui prend vite les allures d’un soulèvement populaire. Sur place, le gouvernorat s'emporte devant la réaction de Beit Salam qui l'accuse d'en être l'instigateur et de vouloir troubler la paix et la stabilité du pays. « L’Exécutif de Ndzuwani a organisé une manifestation pacifique, en faveur de l’unité nationale, de la promotion de solutions consensuelles, gage de paix et de stabilité du pays, mais aussi pour protester une fois de plus contre le référendum constitutionnel du 30 juillet 2018 et les dérives dictatoriales du régime en place. Les barricades étaient érigées à travers l’île pour en faire une île morte et marquer cette journée. Enfin, la manifestation devait se poursuivre par une marche pacifique autour de la ville de Mutsamudu », lit-on dans ce communiqué.

 

Depuis lundi, l'ile, sa capitale principalement, est le théâtre d'affrontements entre forces de l'ordre et civils lourdement armés. Un couvre-feu a été décrété par les autorités fédérales qui assurent que « la situation est sous contrôle ». L’Exécutif de l’île d’Anjouan, à travers son communiqué, déclare que dès que calme sera revenu, ils continueront à manifester pacifiquement sur toute l’étendue de l’île.

 

Devant l'ampleur de la situation, Dar Nadja appelle la population comorienne à rester « dans ses lignes de revendications légitimes » et exhorte la communauté internationale à s’impliquer davantage pour une résolution rapide de cette crise. « Le lancement des grenades lacrymogènes par les militaires avant même le début de la manifestation a incité les manifestants à réagir par des jets de projectiles vers les militaires et cela a duré toute la matinée. En début d’après midi, un groupe d’individus armés a profité de la confusion pour récupérer la situation et affronter directement les militaires. D’où les échanges de tirs constatés à partir de ce moment et ce jusqu’à présent ».

 

Lundi après midi, le Ministre de l’Intérieur, dans sa déclaration, a accusé le Gouverneur et ses collaborateurs d’être derrière ces évènements « malheureux », affirmant par la même occasion que ses hommes auraient identifié des responsables politiques insulaires ayant pris part activement aux évènements. Une accusation que l'Exécutif de l’île d’Anjouan démentira, assurant que parmi les personnes citées, certaines se trouvent à l’extérieur notamment le Directeur des Impôts. D’autres encore seraient en prison (Contrôleur financier).

 

 Ibnou M. Abdou

 

 


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