Présent pour représenter les Comores à la Huitième Réunion du Forum Chine-Afrique des Think Tanks, Abdallah Abderemane, enseignant en linguistique, Directeur de l’IFERE et responsable de la formation Confucius à Anjouan se dit fier d’avoir participé à cette réunion comme bon nombre d’experts du continent. Toutefois, il appelle les africains et les comoriens plus particulièrement à être réalistes, à ne pas attendre que la Chine apporte un soutien mais à leur proposer des projets fiables et générateurs d’emplois.
Question : Vous avez pris part à la Huitième Réunion du Forum Chine-Afrique, qu’est-ce qui vous a marqué le plus dans ces rencontres ?
Abdallah Abderemane : Je l’ai dit à cette assemblée que j’étais fier de représenter d’abord mon pays puis l’Université de mon pays. J’ai remarqué que le langage aujourd’hui a été plus direct, plus pragmatique. Ce n’était pas comme quand on est dans le langage dit diplomatique où il y’a des réserves, non. Et j’ai été à l’initiative de ce déclic, alors les lames se sont dénouées. Que représente ce forum ? Ici on va mettre la main à la pâte sur ce qui se fait dans nos pays africains. Ce que la Chine peut apporter aux différents pays et ce qu’elle va gagner en retour. Et j’ai pris le cas de mon pays car la Chine est le premier pays à reconnaitre l’indépendance des Comores en 1975 avec des actions concrètes et des apports qui se sont diversifiés par la suite dans différents domaines. Cette réunion est la suite logique du discours du président Xi Jinping sur « la Route et la Ceinture ». Dans le panel où nous étions, la question sur l’apport de l’Afrique a été posée et nous n’avons pas eu froid aux yeux. Moi personnellement, j’ai banalisé la question car nous sommes reconnaissants du soutien de la Chine mais ce que nous apportons à la Chine c’est le sourire et le remerciement.
Question : Par rapport au Forum de la Ceinture et de la Route, que va apporter la Chine aux Comores ?
A.A : La Chine ne va pas apporter quelque chose en l’air aux Comores car ce n’est pas elle qui décide mais au gouvernement comorien de réunir les cerveaux locaux pour sortir des projets à court, moyen et long terme pour les soumettre aux homologues chinois, c’est comme ça que ça se passe. C’est pourquoi, je dis que le gouvernement a une opportunité. On doit changer le fusil d’épaule et au lieu d’attendre les réalisations de la Chine, il est grand temps que les Comores demandent de la part de ce grand partenaire des investissements qui permettraient de créer des emplois et fructifier ces finances. Car il est dit que la Chine investit moins que les autres pays du monde. On ne doit pas se voiler la face.
Question : Un an depuis qu’a lieu le sommet Sino-Africain à Pékin, êtes-vous confiant quant à la réalisation des projets annoncés par la partie chinoise ?
A.A : Bien sûr parce que la Chine s’est engagée et nous avons vu qu’elle ne badine pas au niveau des aides aux africains. Mais ce n’est pas le plus important. Je pense que nous africains devrions utiliser cet argent de manière intelligente. Nous aimons consommer en Afrique et aux Comores plus particulièrement. Et dans ce cas, je pense qu’on devrait penser beaucoup plus aux investissements, viser les emplois et les incidences économiques.
Propos recueillis par A.O Yazid depuis Pékin
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