Après avoir signé un mémorandum, visiblement soutenu par le Mouvement du 11 Août, certains signataires du document se sont expliqués devant les journalistes hier matin. Ces personnalités, dont des hauts dirigeants comoriens originaires de Ndzouani, jugent opportun d’apporter des éclaircissements à l’opinion publique à travers la presse nationale.
24 heures après la sortie d’une déclaration du Mouvement du 11 août, affirmant que « les assises nationales seront indépendantes, inclusives, dans une atmosphère détendue ou ne seront pas », des hauts dirigeants politiques d’Anjouan signataires du mémorandum s’expliquent devant la presse. Après avoir rencontré le Mouvement du 11 Août (M11) et la communauté internationale, « nous sommes venus prendre à témoin l’opinion publique puisqu’elle a droit de savoir tout ce qui se passe dans notre pays », indique Moussa Toybou, ancien gouverneur et membre signataire du mémorandum jugé par le M11 à travers un communiqué sorti le 16 octobre dernier que « le mémorandum de certains hauts dirigeants de Ndzouani, demandant une représentation par île est légitime ».
Au cours de cette conférence de presse, l’ancien Ministre des affaires étrangères (mai 2016, mai 2017) tient à clarifier certains points qu’il estime flous aux yeux de la population comorienne. Pour lui, il est clair que les signataires de ce mémorandum ne sont ni des séparatistes, ni des groupes issus de l’opposition, ni des anjouanais opposés aux assises nationales. Au contraire, « nous sommes prêts à les soutenir », précise Mohamed Bacar Dossar. « Ce sont des leaders comoriens qui se rassemblent pour exprimer leur point de vue sur des questions d’actualité nationale », ajoute-t-il.
Ce qui est critiquable pour les conférenciers c’est le format de la composition du comité de pilotage des Assises. Sur la liste de 45 membres, 28 à 38 sont issus d’une seule île. « Même l’île de Mohéli peut ne pas être représentée », critique Chamsoudine Achirafi, ancien chef de cabinet militaire de juin 2016 à mai 2017. Abidhar Abdallah, porte-parole du Front républicain propose une liste de 75 membres dont 4 issus de Mayotte. Il préconise sept délégations composées de l’exécutif central, quatre pour chaque île y compris Mayotte, une du M11 (5 personnes) et la diaspora. « Ainsi toutes les îles seront représentées ».
Chamsoudine Achirafi, ancien chef de cabinet militaire du chef de l’Etat estime que c’est une opportunité que les Comores se composent d’un ensemble d’îles, et que le séparatiste c’est celui ou celle qui veut bafouer les acquis de l’unité nationale ou les droits reconnus à chacune des îles. « Nous qui défendons les intérêts de nos îles, nous nous qualifions de loyalistes », dit-il, avant de conclure qu’ils iront jusqu’au bout puisque « nous estimons que nous défendons un droit légitime ».
Ibnou M. Abdou
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