La Gazette

des Comores

Finances publiques / Fixer les salaires des DG à 350 000 FC va-t-il être possible?

Finances publiques  / Fixer les salaires des DG à 350 000 FC va-t-il être possible? © : HZK-LGDC

Le ministre des finances a signé le 9 janvier, une note circulaire relative à l’application du décret de 1997 portant sur la fixation des salaires des directeurs généraux, des directeurs administratifs et financiers, des agents comptables principaux et les directeurs des ressources humaines des sociétés d’Etat et des établissements publics. Une note appréciée par certains cadres du pays mais qui risque de créer un conflit entre le ministre et les fonctionnaires susvisés.


Le décret du 1er mars 1997 constitue le seul document juridique légal portant fixation des salaires des directeurs généraux des sociétés d’Etat. Ce décret datant de l’époque du président Taki stipulait en son article premier que la rémunération mensuelle d’un directeur général est fixée à 350 000 FC et des indemnités fixés conjointement par le Conseil d’Administration et le ministre des finances et dont le montant cumulé ne doit pas excéder 50% du salaire de base. Le même décret précise en son articler 2 que les salaires des autres agents sont fixés par le conseil d’administration en concertation avec le ministre des finances. 

 

Aujourd’hui, la réalité est toute autre. Le décret en question n’est pas pris en considération et les fonctionnaires susvisés par le décret touchent souvent plus de 500 000 FC par mois, sans compter les indemnités et autres avantages. 

 

Interrogé sur cette question, un ancien ministre salue cette initiative de l’argentier de l’Etat. « L’idée d’harmoniser les salaires pour les commis de l’Etat est plutôt bonne et équitable. Maintenant les salaires sont fixés en fonction du développement économique du pays. Et il est indéniable que la situation économique du pays aujourd’hui est largement différente de celle de la fin des années 90. Autant l’idée est importante mais faut aussi prendre en compte la conjoncture et le contexte actuels », souligne Houmed Msaidié, précisant que les besoins des Comoriens actuellement ne sont pas les mêmes que ceux des années 90.

 

Pour le président du MODEC, l'idée et l'objectif est de mettre de l'ordre au sein des sociétés d'Etat et bonne. Il estime cependant que la note du ministre se basant sur une disposition réglementaire datant de plus de 20 ans peut avoir deux conséquences.

 

La première serait de « pousser ces mêmes directeurs généraux à se rémunérer de manière détournée ». La deuxième pourrait découler d'une violation de l'acte uniforme de l'Ohada auquel notre pays est membre depuis plus d'une dizaine d'années, et qui prévoit plusieurs dispositions concernant les sociétés anonymes à capitaux publics.

 

Un enseignant du Lycée Said Mohamed Cheikh de Moroni estime lui que c’est une bonne initiative d’appliquer ce décret. « Aujourd’hui, on peut voir un directeur général d’une société d’Etat qui touche plus d’un million de francs comoriens. C’est trop lorsqu’on sait que son salaire ne devrait pas dépasser les 500 000 FC avec indemnité », lance-t-il. 

 

Dans les réseaux sociaux, les internautes se déchainent. Certains assurent que la note ne sera pas respectée et surtout, qu'aucune charge ne sera retenue contre ceux qui ne la respecteront pas. D'autres se demandent si le ministre des finances ira jusqu’au bout de son action. Toutefois, le combat ne va pas être facile lorsqu’on sait aujourd’hui que certains directeurs généraux sont mieux payés que les ministres. 

 

 

 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.