Vice-présidente de la Région Réunion, Faouzia Aboubacar Ben-Vitry a adressé un courrier au Président Azali Assoumani. Dans ce dernier, l’élue française d’origine comorienne fait appel à l’homme de foi et au sens élevé de la dignité humaine qui qualifie l’actuel chef de l’Etat. Répondant à nos questions, elle affirme réagir par principe et non par aucun acte politique. Interview.
Question : Dans le courrier que vous avez adressé au Président de l'Union des Comores, vous mettez l'accent sur les valeurs humaines notamment la liberté, l'égalité et la fraternité. Qu'est-ce que vous reprochez au régime comorien ?
Faouzia Aboubacar-Ben : Je ne peux en aucun cas m’octroyer la liberté de reprocher des choses à l’État comorien dans la mesure où je n’y vis pas. Ce que j'évoque porte sur l'état de santé de l'ancien président de l'Union des Comores.
Question : Ces derniers temps le cas de l’ancien Rais Sambi interpelle un grand nombre de personnes soucieux des droits de l'homme. Qu’est ce qui vous a motivé à réagir ?
F.A.B : Très sincèrement j’ai comme principe de toujours réagir en fonction de mes croyances et de mes valeurs. Ma seule préoccupation c’est l’état de santé d’Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Comme tout être humain, il dispose du droit à la vie. Comme tout être humain, il dispose du droit au respect de sa dignité. L'élue républicaine que je suis, ne peut fermer les yeux face à une telle situation. Quand une vie humaine est menacée, quand un homme appelle au secours, il est de mon devoir d'intervenir. C’est tout le sens de mon engagement.
Question : L’état de santé de l’ancien président est de plus en plus vulnérable. Vous réclamez son évacuation et vous vous portez volontaire à l’accueillir. Qu’est-ce qui justifie cette initiative ?
F.A.B : Nous sommes tous frères en humanité. L'ancien Président de l'Etat Comorien a plus que jamais besoin de soins. Toutes les conditions sont réunies pour une évacuation sanitaire de toute urgence. Je suis une enfant de l'Océan indien qui tout naturellement tend sa main à son frère de l'Océan indien.
Question : Pensez-vous que le régime en place ayant pour principal opposant Sambi acceptera-t-il de le libérer ne serait-ce que pour des soins ?
F.A.B : Nous ne sommes plus dans une affaire politique. Cet aspect de la question n'a pas à être abordé. Il s’agit là d’une proposition humanitaire, fraternelle et constructive pour sauver la vie d’un homme.
Question : Quel est votre dernier mot ?
F.A.B : Mon île, la Réunion, a toujours été une terre d'accueil pour ceux qui en avaient le plus besoin. Aujourd'hui, j'aspire à ce que tous les moyens soient mobilisés pour procéder en urgence à l'évacuation de l'ancien Président de la République des Comores, Monsieur Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, directement vers le CHU Nord, pour qu'enfin il ait droit à des soins. Si tous ensemble, nous appelons d'une seule et même voix à son rapatriement, il ne fait aucun doute que nous serons entendus.
Propos recueillis par A.O Yazid
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