Ce 11 août, des notables de Ngazidja se sont réunis chez l’ancien gouverneur Said Hassan Said Hachim. Objectif affiché : alerté le doyen des notables, ancien haut dignitaire « du danger encouru par Sambi dont l’état de santé serait préoccupant ». Quant à l’hôte de cette réunion, il a loué la sagesse de la notabilité qui « a préféré un message de paix plutôt qu’une manifestation de rue ».
L’état de santé de Sambi n’en finit pas de parler de lui. Ce dimanche, des notables se sont réunis chez l’ancien gouverneur Said Hassan Said Hachim, afin de l’alerter sur « la santé défaillante » de l’ancien Rais, en détention depuis plus de 10 mois. Et en toile de fond « la crainte que Sambi meurt en détention ». Le premier orateur, Ibrahim Cheha, issu de Koimbani ya Washili a donc fait part de sa crainte concernant la santé « défaillante » de l’ancien président de la république. Il a aussi jugé bon de se demander si la cohésion nationale survivra si jamais Sambi venait à disparaître de façon aussi dramatique ». « S’il est vrai que Sambi est gravement malade, nous craignons le pire pour notre nation, raison pour laquelle, nos pas nous ont menés chez vous , vous qui êtes notre doyen d’âge, un grand notable et un homme d’Etat afin de faire porter ce message à qui de droit », a expliqué Ibrahim Cheha . Et d’ajouter une précision : « au-delà de tout ce qui vous caractérise, nous savons tous ici, le rôle que vous avez joué dans le rapprochement entre Sambi et Azali, lors de l’élection générale de 2016 grâce auquel Azali a été élu ».
Ensuite, l’ancien préfet Ansum Mohamed Chakir, a insisté ce jour-là coïncidant avec la veille de la célébration de l’Aid El Adha « sur l’importance du sacrifice ». « Nous devons faire l’impossible pour sauver Sambi, ce pays a toujours été paisible même notre indépendance a été acquise sans qu’aucune goutte de sang ne soit versée, cela doit continuer ainsi », s’est-il écrié. Ajoutant que « la quête du pouvoir et le maintien au pouvoir ne justifiaient pas tout ». Quant à l’hôte de la réunion, Said Hassan Said Hachim, il a lancé un cri d’alerte, un cri du cœur. Lui aussi, partage les craintes de ceux qui sont venus lui faire part de leur appréhension. « Nous nous aimons, les Grands-comoriens aiment les anjouanais et la réciproque est tout aussi vraie, nous devons veiller à ce qu’il en soit toujours ainsi et pour cela, nous devons éviter l’irréparable », a-t-il fait valoir. Il a reconnu la grande sagesse de ceux qui ont préféré lancer un appel à Azali plutôt qu’une descente dans la rue.
Et comme de coutume, chaque fois qu’il s’adresse aux comoriens ces dernières années, son discours était truffé de références sur l’ancien président français, le Général de Gaulle. « Pour obtenir, il faut savoir demander », a-t-il plaidé. « Je reste intimement convaincu que Azali va libérer Sambi », a dit ce fils du Mbadjini. Said Hassan Said Hachim a relaté le rôle qu’il a joué dans l’alliance entre Azali et Sambi en 2016. En aparté, certains affirment que l’ancien ministre des affaires étrangères « porte une lourde responsabilité face à ce qui arrive à Sambi, lui qui a joué les bons offices afin de rapprocher deux hommes que tout séparait finalement ». Prenant l’assistance à témoin, il a confié que les deux fois qu’il a rencontré Sambi sur son lieu de détention, celui-ci était en bonne forme. Mais la 3eme fois, il en est ressorti « perturbé ».
Mais surtout Sambi lui a demandé au cours de cette entrevue, qui a eu lieu en présence de son avocat, « où sont passées les valeurs qui étaient les nôtres au point que je croupisse en prison sans autre forme de procès, moi en tant que justiciable mais aussi en tant qu’ancien chef d’Etat de ce pays, en tant que religieux, en tant que père de famille ». « Sambi, a-t-il poursuivi, n’était plus que l’ombre de lui-même ». Sa santé, déjà à ce moment-là était chancelante ( ils se sont vus peu après la fin du mois sacré du Ramadan, ndlr) . Les hommes politiques, quand ils ont le moral au plus bas, « sont souvent terrassés par un infarctus », a-t-il prévenu.
Said Hassan Said Hachim, « redoutant le pire a multiplié les contacts » avec les gens du pouvoir comme ceux de l’opposition. Il a prié pour que « le président Azali entende ce cri du cœur, qu’il soit épargné d’amis inintelligents qui lui cacheront la vérité ». « L’ancien président n’a pas peur d’un procès, il a même hâte qu’il se tienne enfin, il a peur d’un assassinat politique, face à un dossier (sur la citoyenneté économique) vide », a-t-il fait savoir.
Fsy
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