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Enquête sur la citoyenneté économique / La commission sous les feux de la rampe

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Enquête sur la citoyenneté économique /  La commission sous les feux de la rampe © : HZK-LGDC

La commission parlementaire chargée de faire la lumière sur le programme de citoyenneté économique connaît ses premiers déboires. Si certains députés disent ne pas contester la mission en elle-même de cette commission, c'est sa neutralité qui serait désormais mise en cause par ces mêmes élus.


A peine la machine lancée à plein régime et les contestations de resurgir de plus belle pour la commission parlementaire chargée d'enquêter sur le programme de la citoyenneté économique. Dans une conférence de presse tenue hier lundi, les députés cosignataires d'une lettre adressée au président de l'assemblée persistent et signent sur la déchéance de certains membres de cette commission dont les agissements mettraient « en doute sa neutralité et son impartialité », dira le député Tocha Djohar, membre de cette commission et signataire de la lettre.

« Personne n'a intérêt qu'il n'y ait pas une enquête sur un programme qui a généré des centaines de millions de francs comoriens. Nous voulons la manifestation de la vérité. On n'a pas demandé que la commission soit mise en veilleuse ou dissoute. On a demandé à ce qu'elle soit rééquilibrée pour qu'elle puisse garantir sa neutralité », a-t-il déclaré, énumérant les griefs qu'il porte à cette commission.

« Une commission incomplète, qui ne représentante pas toutes les sensibilités politiques siégeant à l’hémicycle, et qui fonctionne en toute opacité », fait-il observer, déplorant qu'il soit lui-même de plus en plus mis volontairement à l’écart dans une commission dont il est membre. « Est-il normal qu'on essaie de me cacher certaines choses. Comment se fait-il qu'un simple fonctionnaire de l'assemblée puisse détenir des informations qu'un élu comme moi, et de surcroit membre de la commission d'enquête n'aura pas accès », s'est-il interrogé. 

« Ce que je sais, la commission serait récupérée par la présidence tout comme l'est l'organisation des Assises. Sinon comment comprendre que les rapports des auditions soient envoyés à la présidence de la république avant même que le président de l'assemblée nationale n’ait sa copie. Où est la séparation des pouvoirs », a renchérie le député Abdallah Ben Omar.

Pour le député Soulaimane Mohamed s'ils ont saisi le président de l'assemblée pour contester la crédibilité de certains membres de la commission c’est qu'il semble que quelque chose ne marche pas et qu'il faudrait changer. « Si nous demandons le rééquilibrage de la commission, c’est parce que nous voulons nous assurer que la commission a les moyens d'aller loin dans son travail et surtout nous voulons nous rassurer de sa neutralité et son équité. Caractère essentiel pour une telle commission », a-t-il indiqué.

Sur la question de savoir pourquoi attendre presque la fin des travaux pour demander la dissolution de la commission. Le député Tocha Djohar n'y va pas par quatre chemins et conteste même le pourcentage livré par le président de la commission qui a fait état de 85% de travail bouclé. « Le travail qui a été fait mathématiquement parlant n'est pas vérifiable », dira-t-il.

Et le député Soulaimane Mohamed d'ajouter : « la durée de la commission est de six mois, il reste presque deux mois de travail, ce qui équivaut à 60%. Qu'on ne nous annonce pas des résultats de quelque chose qui est loin de connaître sa fin ».

A noter que cette controverse survient quelques jours après l'audition du président de la République et à deux semaines des auditions des anciens présidents Ahmed Abdallah Mohamed Sambi et Ikililou Dhoinine qui aurait montré sa disponibilité aux enquêteurs. Des vice-présidents et d'autres personnalités sont sur la liste de la commission.

 

Maoulida Mbaé

  


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