La Gazette

des Comores

Enquête parlementaire Le vice-président Dhoulkamal revient à la charge

Enquête parlementaire Le vice-président Dhoulkamal revient à la charge © : HZK-LGDC

Le vice-président de l'assemblée nationale Dhoihir Dhoulkamal monte au créneau sur l'affaire de la citoyenneté économique. L'ancien président de la commission d'enquête persiste et signe sur l'objectivité de l'enquête, niant toute visée politique. M. Dhoulkamal convaincu que les comoriens ont droit de savoir la vérité dans ce qui paraît à ses yeux, le grand scandale politico-économique qu’ait connu le pays.


L'ex-président de la commission parlementaire d'enquête sur la citoyenneté économique sort du silence après la tempête soulevée après la publication dans les réseaux sociaux des extraits du fameux rapport. Dans un entretien qu'il a accordé à la presse, ce vice-président de l'assemblée nationale revient à la charge sur un processus lancé en orbite avant même l’approbation du parlement comorien. « Et si on vous dit que le programme a été engagé depuis février 2008 et que des actes qui engagent l'État comorien ont été signés entre février et novembre 2008, c'est à dire, antérieurement à la loi même controversée. C'est une réalité et nous avons produit les actes», a-t-il assuré.

 

« Une procuration qui donne mandat à Bashar Kiwan le 29 février. Un mémorandum signé par Mohamed Bacar Dossar, confirmé par le président Sambi qui stipule que la loi sur le programme de la citoyenneté économique a été votée et promulguée. Un engagement de l'État comorien signé par le président de la République de l'époque sur un montant globale et forfaitaire, non révisable pour une durée de deux ans, de 350 000 euro a été signé le 20 avril », a-t-il ajouté. Le vice-président Dhoulkamal multiple les exemples notamment, un communiqué conjoint, supposé, signé par le secrétaire général du gouvernement de l'époque et le directeur du Cgh (Comoros Golfe Holding) annonçant, dit-il, l'arrivée de 200 millions de dollars. « Je rassure que ces pièces là, on les détient. Le rapport est fait pour permettre d'avoir un début de quelque chose qui permettra à un certain nombre de responsables de répondre à des interrogations », a-t-il martelé.

 

 M. Dhoulkamal estime que l’on a été abusé dans cette affaire et qu'on n’a pas dit toute la vérité. « Il y a quelque chose d'essentiel dans cette enquête parlementaire, c'est de permettre aux comoriens de connaître la vérité, a-t-il martelé. La vérité ce sont des pièces, des éléments. A chaque fois qu'on révèle un élément matériel qui prouve une chose, nous l'avons cité dans le rapport ».

Cet ancien commissaire aux finances de l’exécutif du gouverneur d’Anjouan Anisse Chamsidine déplore les préjudices causés par ce programme et les conséquences qui en découlent, faisant en sorte que personne ne puisse garantir que le programme ne soit pas détourné. « D'ailleurs je ne pouvais pas garantir que ceux qui sont là, ne détourne pas ce programme », fait-il observer.

 

« Les comoriens ont été abusés dans cette affaire, on ne leur a pas dit toute la vérité. Le plus dangereux dans ce programme, c’est que toute une lignée en bénéficie (de bedouns). Du grand père, au père, fils et petits fils etc. Si c'était la volonté des comoriens », a-t-il insisté. D'après-lui, près de 50000 passeports ont été déjà vendus et 80000 autres demandes ont été faites bien que le président Azali n'ait pas voulu signer le décret. « Il ne fallait pas berner les comoriens par des lectures du saint coran (hitma) au point de leur faire oublier l'essentiel dans cette affaire », a-t-il poursuivi. Sur la réaction des deux élus qui ont promis de publier le deuxième rapport qui détiendrait d'après-eux la vérité, « chaque membre de la commission, peut en produit un. Cela n'engage que lui, s'il estime en son âme et conscience que ce qu'il va dire aux comoriens c'est la vérité », a-t-il rétorqué.

 

Et de poursuivre : « moi ce que je dis, le rapport qui a été transmis au président de l'assemblée puisque c'est lui, après il en fait ce qu'il veut, c'est un rapport objectif qui a essayé d'éclairer les comoriens du mieux qu'il peut avec des éléments d'analyses ». Avant de conclure : « le rapport n'emprisonne personne, c'est le juge qui place quelqu'un en détention. Le rapport a donné par ailleurs plus d'opportunité pour que les comoriens puissent connaître la vérité dans cette affaire ».

 

Maoulida Mbaé

 

 

 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.